Communiqué de soutien de l’ANCMSP

Communiqué de soutien de l’Association Nationale des Candidats aux Métiers de la Science Politique (ANCMSP)

Tout comme le CA de l’ASES, l’ANCMSP apporte son soutien au mouvement des travailleur·e·s précaires de l’ESR partout où il apparaît utile et nécessaire.

Il est d’autant plus primordial de porter nos revendications dans les arènes que sont les grands congrès internationaux de nos disciplines que les politiques de destruction minutieuse de l’ESR ne semblent pas avoir de frontières.

Par ailleurs, l’ANCMSP s’étonne des réactions de certain·e·s titulaires toujours plus enclins à répondre aux sirènes de l’individualisme, alors même que la contestation des ces politiques nous oblige à faire front commun. Elle condamne les réactions de titulaires « désintéressés » du sort des plus précaires d’entre nous, toujours prompts à évincer la question éminemment politique de la précarité de nos métiers parce que « sans intérêt ».

L’ANCMSP s’engage également à porter le débat partout où elle le pourra. Elle proposera d’ailleurs d’en débattre collectivement lors du prochain congrès de l’AFSP.

Le bureau

Communiqué de soutien de l’ASES

Communiqué de soutien de l’Association des sociologues enseignant·e·s du supérieur (ASES) publié le 22 juillet 2016.

Le CA de l’ASES apporte son soutien au mouvement des travailleur·e·s précaires de l’ESR et à leurs revendications, notamment après les « événements » du Congrès AISLF de Montréal qui ont suscité plusieurs réactions sur notre liste. Nous pensons en effet que la question préoccupante et récurrente de la précarité dans l’ESR ne peut laisser indifférent quiconque dans notre milieu professionnel, précaires et titulaires, car chacun, à des niveaux différents, a à pâtir de la dégradation de l’emploi et des conditions de travail. Ajoutons que la crainte sur les conditions matérielles de la rentrée 2016 exprimée récemment par 24 présidents d’université dans une tribune n’est pas de nature à nous rassurer sur la volonté politique d’endiguer cette dégradation structurelle.

Nous organiserons l’an prochain des rencontres et discussions avec celles et ceux qui souhaitent débattre de ce sujet et y apporter des solutions.

Les membres du conseil d’administration.

Précaires de tous les secteurs, unissons-nous ! (soutien aux travailleur·e·s de la BnF)

Communiqué de soutien aux précaires de la BNF mobilisé·e·s

Partout en France, le 22 juin 2016

Ce jeudi 23 juin, les travailleur·e·s de la Bibliothèque Nationale de France (BNF), en particulier les précaires, soutenu·e·s par leur intersyndicale CGT-SUD-FSU, organisent une nouvelle journée de grève et d’action. Leurs revendications sont aussi simples que légitimes. Elles concernent l’arrêt des suppressions de postes, l’amélioration des conditions de travail, le passage en CDI des contractuel·le·s à temps incomplet et le passage à 110h de travail par mois pour les précaires qui le souhaitent. Elles ne sont que le minima que chacun·e a le droit de réclamer pour vivre dignement, et sont indispensables pour préserver un service public digne de ce nom. Face à cela, la direction pour l’instant ne fait pas des propositions à la hauteur des demandes.

Partout, dans le secteur public comme dans le privé, des luttes de précaires se re-développent, reconstituant et renouvelant des équipes militantes et créant des solidarités entre différentes catégories de travailleur·e·s. Alors que nous sommes sans cesse atomisé·e·s et mis·es en concurrence, la mobilisation collective apparait à chaque fois comme le plus beau des remparts face à l’individualisation des rapports sociaux et les souffrances personnelles que celle-ci induit. La lutte des doctorant·e·s de l’Université Paris 1 nous montre qu’il est possible de gagner des victoires importantes grâce à notre détermination. Lors du meeting-assemblée que nous avions organisé le dimanche 29 mai à la bourse du travail de St Denis, des convergences fortes entre différentes luttes de précaires ont été constatées. La solidarité de toutes et tous, précaires ou non, est un impératif si nous voulons transformer radicalement nos conditions de travail.

Nous affirmons notre soutien inconditionnel aux précaires de la BNF en lutte. En tant que lecteurs/lectrices, il est indispensable qu’ils et elles gagnent afin que nos conditions de travail soient préservées dans ce lieu important pour l’accès aux savoirs de toutes et tous. En tant que travailleur·e·s précaires, une victoire face à la direction de la BNF montrerait une nouvelle fois que d’autres solutions sont possibles. Le ministère de la culture doit désormais intervenir sur ce dossier et cesser d’ignorer leurs revendications. Le laisser-faire du gouvernement, qui est le même dans l’ESR, sous prétexte de laisser l’autonomie de gestion aux établissements, est insupportable. Ces situations locales ne font pas que s’accumuler : elles font système et prennent racine dans les logiques managériales, concurrentielles et l’asphyxie budgétaire que l’Etat-employeur organise, faisant ainsi mieux que le Medef dans ce rôle de précarisateur.

Pour toutes ces raisons, nous appelons l’ensemble des personnels de l’ESR, usager·e·s ou non de la BnF, titulaires et non-titulaires, à affirmer leur soutien aux précaires de la BnF ce jeudi 23 juin (Rassemblement à 12h30 devant le ministère de la Culture au Palais Royal (colonnes de Buren) ).

Nous les appelons également à participer ce même jour ainsi que les suivants, partout en France, aux manifestations contre la loi « Travail », qu’elles soient autorisées ou non, pour faire face à la dérive autoritaire historique du gouvernement et mettre en défaite ce projet de loi qui constituera une régression sociale majeure pour l’ensemble des travailleur·e·s de ce pays.

Mort à la précarité, Vive les luttes de précaires !

Vidéo de l’action à la ComUe « Lille Nord de France » du 9 mai 2016

Le 9 mai 2016, le collectif des travailleur·e·s précaires de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche de Lille, aidé d’étudiant·e·s et d’interluttant·e·s, sabote le conseil d’administration de la Communauté d’Universités et d’Etablissements « Lille Nord de France », contre la généralisation de la précarité prévue par la Loi Travail ; contre la prétention de la ComUe à gérer les universités toujours plus dégradées par l’austérité et les dernières années de réformes néo-libérales ; et pour revendiquer des conditions de travail dignes et de nouveaux droits pour les doctorant·e·s, docteur·e·s sans postes, vacataires, stagiaires, travailleur·se·s précaires des différentes Universités.

Aujourd’hui, dans l’enseignement supérieur, au moins 1 enseignant·e sur 4 est en contrat précaire ; 1 enseignant·e-chercheur·e sur 5 paie pour avoir le droit de travailler et produire du savoir…

Prochaine AG le jeudi 23 juin à 19h, amphi 4 du centre Panthéon

Les doctorant·e·s mobilisé·e·s de Paris 1 organisent une Assemblée générale demain jeudi 23 juin à 19h au centre Panthéon, amphi 4 (aile Soufflot).

Seront abordées, entre autres, les questions des corrections de copies supplémentaires, des votes dans les prochains conseils centraux, de la réforme du parcours doctoral ou encore des changements récents de la condition des ATER à Paris 1.

Venez nombreux·ses !

Annulation du CA de la ComUE Lille Nord de France le 9 mai 2016

Précaires ESR Lille – Journée de l’Europe – 9 Mai

Voir la vidéo de l’action

Doctorant·e·s, docteur·e·s sans postes, vacataires, stagiaires, travailleur·se·s précaires des différentes universités et écoles membres rattachées à la Communauté d’Universités et d’Etablissements (ComUE) « Lille Nord de France », nous nous sommes constitué·e·s en collectif des Précaires de l’ESR – Lille le 5 avril 2016 afin de lutter contre le projet de loi « Travail », de défendre nos droits et de revendiquer de meilleures conditions de travail. Nous rejoignons les luttes en cours qui vont dans le sens d’une amélioration des conditions d’existence de la majorité.

La loi Travail transfère dans le secteur privé des pratiques déjà bien connues des précaires de l’ESR. Nous faisons vivre l’université au quotidien en assurant une part importante des charges d’enseignement, de recherche et d’animation scientifique, à moindre coût pour l’Université.

Sans notre travail, l’Université n’est plus en mesure de fonctionner et pourtant, nous en sommes réduit·e·s à gérer notre précarité et celle, toujours plus écrasante, des universités : le démantèlement du service public universitaire a été organisé par 10 années de réformes néolibérales, faites de politiques d’austérité absurdes, de prolifération des normes et des acteurs du secteur privé, faussement légitimées par des conseils décisionnaires comme celui de la ComUE.

Nous ne tolérons plus cette situation, ni les abus qu’elle permet. Aujourd’hui, le collectif des Précaires de l’ESR de Lille est bien vivant, et vous devez entendre nos revendications.

I – Le Conseil d’Administration de la ComUE n’a pas de légitimité :

  • Nées d’une injonction de l’Etat à regrouper les universités dans chaque région, les statuts de des ComUE ont été rédigés sans consultation publique et fixés par décret. Un recours juridique sur ces statuts est en cours : quelle est la légitimité du CA à se réunir et prendre des décisions dans ces conditions ?
  • Nous nous opposons à cette superstructure antidémocratique et coûteuse qui ne fait que complexifier et contraindre les universités, tout en incorporant dans ses instances de décision des acteurs privés qui portent des projets aux antipodes des principes de service public. Sous des habits de rationalisation du service publique cette instance de contrôle supplémentaire éloigne encore un peu plus les premiers concernés des processus de décision qui les touchent directement.
  • La présence de La Catho dans la ComUE pose également question. Rappelons qu’il n’y dans cette organisation ni syndicats, ni réelle régulation des politiques salariales et que les accords collectifs de 2003 ne protègent pas les doctorants. Sa gestion des travailleur.ses précaires est déjà scandaleuse et sa présence au sein de la ComUE la met en position de décider avec et pour les Universités publiques des normes et des financements qui nous régissent. Dans ce cadre que compte faire la ComUe contre les abus de La Catho ? Que compte-elle faire contre les abus des autres universités ?
  • Les procédures d’« élection » des membres des conseils de la ComUE de Novembre 2015 ont été au mieux une parodie, au pire : une catastrophe. Un recours administratif est en cours tant les dysfonctionnements et les injustices ont été criants : 1 bureau de vote à Villeneuve d’Ascq pour Lille 1 et Lille 3 soit 38.500 étudiants contre 11 bureaux à La Catho soit 26.000 étudiants. Mêmes dysfonctionnements pour Valenciennes, Artois, Le littoral… Certains ont dû prendre des navettes pour participer à des élections dont les enjeux étaient inconnus des usagers et personnels de l’Université. Aucun bureau de vote à Cambrai ou Maubeuge. Même ceux qui ont fait l’effort d’aller voter ont pu avoir la surprise de ne pas se trouver sur les listes d’électeurs. Au final, le taux de participation à ces élections a été de moins de 5% dans toute la région : 95% d’abstention, quelle réussite !
  • Ce conseil ne contient pas de collège spécifiques pour les doctorant·e·s et jeunes chercheur.ses, alors que ne nous ne sommes ni étudiants, ni titulaires, et alors que vous avez un pouvoir sur les budgets qui font nos recrutements, sur les formations proposées et sur nos conditions de travail.
  • Les conseils de la COMUE ne sont en réalité que des chambres d’enregistrement de décisions prises en amont par le conseil restreint des 11 présidents d’université. La représentation des doctorant·e·s et jeunes chercheur.ses est à l’image des représentations de doctorant·e·s dans les autres conseils décisionnaires des université : du décoratif/participatif au mieux, mais jamais un lieu où l’on peut être entendu et décider de nos conditions de travail… Au contraire, comment comprendre que 3 « représentants des entreprises et du monde économique » puissent siéger ? L’Université n’est pas à vendre !

Nous refusons à ce conseil la prétention de nous représenter, de décider et trancher sur nos situations, de négocier des arrêtés sur nos conditions de travail, de passer des marchés publics, ou de remédier aux problèmes de précarité dans l’ESR.

II – Nous demandons :

  • La tenue de nouvelles élections avec un nombre de bureaux par universités proportionnel au nombre d’électeurs.
  • L’existence d’un collège jeunes chercheur·se·s et enseignant·e·s dans toutes les instances de discussion et de décision des universités.
  • Des contrats de recherche et d’enseignements financés sur le long terme pour les jeunes enseignant·e·s-chercheur·se·s.
  • La fin du recours massif aux vacations précaires, leur publicisation dans les bilans sociaux des Universités, la création de postes pérennes correspondant au nombre d’heures assurées par les vacataires précaires
  • La création de locaux spécifiques dans chaque unité de recherche et faculté pour travailler dans des conditions décentes, se socialiser avec d’autres jeunes chercheur·se·s et enseignant·e·s, et pouvoir se doter d’une animation et d’une représentation collective.
  • La création de mesures de recours et l’application de sanctions réelles à l’encontre des directeur/trices de thèse pour pallier des situations de harcèlement ou de défaut d’encadrement.
  • Une prise de position claire de la future ComUE contre l’austérité qui détruit nos conditions de travail et la qualité de l’enseignement supérieur public.
  • Le déblocage de fonds pour des postes et des contrats de recherche et d’enseignement plutôt que pour des projets clownesques tels « la thèse en 180 secondes » ou le festival « Pint of Science »…
  • Des formations de qualité correspondant aux demandes et aux besoins des jeunes chercheur.ses et enseignant·e·s

III – Nous sommes là et nous reviendrons.

« Ce conseil d’administration n’aura pas lieu. Nous, précaires de l’université, appuyés d’autres collectifs mobilisés, nous opposons à la tenue de cette réunion.

Pourquoi ? Pour marquer notre opposition à un système non représentatif dans lequel une petite classe sociale de dirigeants universitaires, économiques, mâles et politiciens, s’éloignent toujours plus des travailleurs de l’université et décident sans elles et eux de l’avenir de leurs conditions de travail.

Parce que nous savons que notre précarité ne fera qu’empirer si nous vous laissons organiser et gérer l’université selon vos modalités.

Nous savons que nos représentants, ceux des étudiants et des travailleurs précaires, n’auront pas les moyens d’empêcher la dégradation de nos conditions de travail, la réduction du nombre des postes et leur précarisation. En bref que ces phénomènes d’inégalité sociale à l’université n’empirent.

En bloquant cette réunion, nous revendiquons également le retrait de la loi travail. Ceux qui diront qu’il n’y a pas de rapport direct oublient que les évolutions actuelles de l’université suivent celles de la société néolibérale, elles vont dans le sens d’une dépossession des travailleurs au profit d’une petite classe de possédants-dirigeants.

Il faut vous y faire, aujourd’hui les luttes convergent, les travailleurs se retournent contre leurs dirigeants et leur demandent des comptes. Vous ne serez plus tranquilles, bonjour aujourd’hui et à la prochaine ! »

Motion de soutien du LEGS CNRS

Motion de soutien du LEGS (Laboratoire d’Études de Genre et de Sexualité) publiée également sur son site.

Repas de solidarité à la Nouvelle Rôtisserie

Mise à jour 20 juin : Pas moins de 75 menus sont sortis de la cuisine du restaurant associatif et 650 euros sont entrés dans les caisses du collectif. Cet argent couvrira les frais d’impression et de transport des événements que nous organiserons à la rentrée prochaine. Nous remercions chaleureusement la Nouvelle Rôtisserie ainsi que celles et ceux qui se sont chargé·e·s de la cuisine, du service et du ménage, qui ont rendu possible ce beau moment de convivialité.

Des membres francilien·ne·s du collectif des travailleur·e·s précaires de l’ESR vous convient à un repas de solidarité à la Nouvelle Rôtisserie vendredi 17 juin à partir de 19h30 (4 rue Jean et Marie Moinon, dans le 10e arrondissement à Paris, entre les métros Belleville et Goncourt).

Jusqu’à 22h, nous enchaînerons plusieurs services et partagerons nourriture, boisson, bonne humeur et perspectives de luttes. Vous aurez le choix entre deux menus, dont un végétarien, à prix libre. L’argent récolté permettra le financement des prochaines actions du collectif, notamment les frais d’impression et de transport des militant·e·s.

Motions de soutien du Centre de Linguistique en Sorbonne

Motions adoptées à l’unanimité par l’Assemblée du Centre de Linguistique en Sorbonne du 16 juin 2016

  1. Le CELISO prend position en faveur de l’exonération de frais d’inscription en doctorat pour les étudiants liés à l’université par un contrat de travail impliquant cette inscription : doctorants contractuels, ATER, vacataires. Il réclame également l’extension des cas d’exonération de frais d’inscription pour les doctorants non-financés.
  2. Le CELISO réclame l’amélioration des conditions d’accueil et de travail des doctorants et étudiants vacataires : mensualisation des rémunérations, paiement des tâches réellement effectuées, signature du contrat de travail avant la prise de fonctions. Il soutient également le principe d’un audit des vacations à l’université et dans les écoles internes.
  3. Le CELISO s’oppose à toute limitation arbitraire de la durée des thèses.
  4. Le CELISO s’inquiète de l’attrition des recrutements d’enseignants-chercheurs titulaires et du développement de « carrières de précaires » à l’université. Il prend position en faveur d’un plan d’investissement et de recrutements pérennes pour l’enseignement supérieur et la recherche.