La mobilisation des Précaires de l’ESR est en marche !

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Déterminé·e·s à faire reculer le gouvernement sur la loi « travail » – offensive majeure qui fera reculer les droits de l’ensemble des travailleur·se·s du public et du privé – et exigeant des mesures immédiates contre la précarité dans l’ESR, nous nous sommes réuni·e·s partout en France pour faire entendre nos voix. Face à la précarisation, l’invisibilité et la mise en concurrence, nous avons affirmé haut et fort notre volonté de construire des solidarités nationales et avec nos collègues (titulaires, BIATTS, étudiant·e·s) de l’ESR, de faire respecter nos droits et en conquérir de nouveaux. Que ce soit clair : les petites fourmis travailleuses que nous sommes vont affirmer ces prochains mois leur volonté de faire changer nos situations de travail et transformer l’ESR.

En nous appuyant sur l’histoire des luttes contre la précarité dans l’ESR de ces dix dernières années, notre première victoire fût le 13 avril. « Exister, c’est exister politiquement » écrivait le sociologue A. Sayad. Dans plusieurs localités, nous nous sommes rencontré·e·s, nous nous sommes retrouvé·e·s et avons affirmé notre volonté de nous rendre visibles par nous-mêmes. Initiée par 4 AG et collectifs, nous étions en quelques jours 21 AG et collectifs à appeler à la mobilisation, soutenus par des organisations professionnelles et syndicales. Les 3/4 des collectifs signataires se sont ainsi créés dans ces dernières semaines (P8, Aix-Marseille, Sciences Po…), une dizaine d’entre eux se sont d’ailleurs constitués dans le cadre de l’appel au 13 avril (Nord, Amiens, P10, Nantes, Grenoble, INED…), rejoignant des collectifs en lutte depuis de longs mois voire années (Toulouse Le Mirail, Lyon 2, P1…) : le ras-le-bol général n’est plus à prouver. En Île-de-France, une Assemblée Générale très massive s’est tenue, réunissant plus de 150 personnes à la Bibliothèque François Mitterrand (BNF), exprimant immédiatement et concrètement leur solidarité avec les syndicats et les agent·e·s de la BNF en lutte, en particulier les précaires de l’établissement (voir le compte-rendu). Ce mercredi 13 avril nous avons monté des actions de visibilisation de nos conditions de travail, parfois interpelé les présidences d’universités (Toulouse le Mirail, P8, Lyon 2, ENS Jourdan, Sciences Po…) et tenu des tournées d’information du personnel (à la FMSH, sur le site Pouchet du CNRS, à Aix-Marseille…). De nouvelles réunions publiques sont d’ores et déjà prévues (Aix-Marseille, Strasbourg). Partout ces rassemblements et AG ont été de franches réussites, réussissant à réunir des enseignant·e·s et chercheur·e·s non-titulaires de différentes disciplines. Une dynamique est créée et les présidences d’universités ainsi que le Ministère seront amené·e·s très rapidement à devoir se positionner vis-à-vis de nos revendications (créations de postes, respect du droit du travail notamment des vacataires, exonération des frais d’inscription…). Des commissions de travail ont été mises en place par l’AG Francilienne et seront rapidement étendues à toute la France.

Dès maintenant, nous appelons à :

  • Consolider les collectifs et AG existantes et à en créer de nouveaux autour de l’appel au 13 avril.
  • Aller informer nos collègues précaires ou non, sur chaque université et EPST, par le biais d’AG générales, d’UFR, de département, de labo, de réunions et de tournées d’informations, campagnes de pétitions…
  • Nous réunir une nouvelle fois à l’échelle de l’Île-de-France le mercredi 27 avril, à 17h dans le foyer du petit auditorium de la BNF pour une nouvelle AG des enseignant·e·s et chercheur·e·s précaires de l’ESR.
  • Nous rencontrer, nous structurer au niveau national et préparer la rentrée de septembre lors d’une Rencontre Nationale des AG et collectifs le week-end du 28 et 29 Mai en Île-de-France.