Le collectif Précaires de l’ESR réaffirme son soutien à toutes les victimes de la répression policière

Face au déchaînement de violences policières qui s’est abattu sur les manifestant·e·s au cours de cette semaine de mobilisation contre la loi « Travail », le collectif national des enseignant·e·s et chercheur·e·s précaires de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (ESR) réaffirme son soutien à toutes les victimes de la répression étatique.

Déjà signataires de la tribune Un pouvoir qui matraque la jeunesse est faible et méprisable publiée le 18 avril dans Libération, nous condamnons aujourd’hui les violences policières dont ont été victimes les mobilisé·e·s contre la loi « Travail » au cours des derniers jours dans de nombreuses villes de France et affirmons notre soutien aux victimes et à leurs proches.

Sans pour autant hiérarchiser les situations et leur gravité, nous avons une pensée particulière pour le syndicaliste de Sud Rail et notre collègue enseignant-chercheur à l’Université Paris 8, syndicaliste à la CGT, violemment arrêtés et placés en garde à vue à Saint-Denis jeudi 28 avril, et nous nous félicitons de la mobilisation qui a permis leur libération (sous contrôle judiciaire). Nous restons et resterons mobilisé·e·s ces prochaines semaines et au-delà pour exiger la relaxe de tou·te·s les inculpé·e·s, notamment lors de leurs procès prévus pour le mois d’octobre.

À nouveau, nous réaffirmons haut et fort notre refus de l’état d’urgence, qui favorise le développement de telles brutalités policières à large échelle, et de la loi « Travail ». Nous condamnons les violences policières que subissent les manifestant·e·s et les militant·e·s, mais également les habitant·e·s des quartiers populaires, véritables laboratoires de ces violences et ce depuis trop longtemps. Seule une mobilisation massive contre ce projet de loi et son monde et une solidarité sans faille face à toutes les répressions permettront d’obtenir victoire.

MAJ : Le 1er mai 2016, le cortège du collectif francilien contre la précarité dans l’ESR s’est retrouvé en première ligne lors de l’interruption et la division soudaine de la manifestation parisienne par les forces de l’ordre. Ses membres ont subi une charge violente et ont été dispersé·e·s, heureusement sans être gravement blessé·e·s.

Ci-dessous leur témoignage :

Lors de la manifestation unitaire du 1er mai, nous avons formé un cortège Précaires de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche au sein de l’Interfac. La police a alors coupé subitement le cortège de la manifestation en deux et nous nous sommes retrouvé·e·s pris·e·s dans la souricière. Dans ce reportage, on voit clairement notre banderole (promis ce n’était pas un plan média préparé) et le gazage répété des forces de l’ordre. Contrairement à ce qui est claironné dans les médias, il ne s’agissait pas d’isoler de soi-disant « casseurs », mais bien, une fois de plus, de viser le cortège étudiant et plus particulièrement les jeunes, puisque c’est le cortège Interfac qui a clairement été pris pour cible. Nous avons donc passé plusieurs heures à quelques milliers de manifestant.e.s, coincé.e.s entre deux cordons de CRS, à nous faire gazer et frapper. Il y avait des gens de tous âges surpris et souvent, à raison, apeuré·e·s de se retrouver cible de la répression d’État alors que la manifestation se déroulait jusque là paisiblement. Nous devons clairement la levée de cette souricière aux autres manifestant·e·s qui n’ont pas renoncé, refusé les propositions des directions syndicales de dérouter la manifestation pour nous laisser seul·e·s face à la police. La pression permanente qu’ils et elles ont exercé sur les cordons des forces de l’ordre a très certainement permis d’éviter des arrestations et des violences et à conduit à notre libération. Merci à tou·te·s !
Nous dénonçons ici le dangereux jeu d’escalade mis en place par les forces de l’ordre, clairement observé ici, qui conduit à des violences de plus en plus grandes. À l’heure où nous apprenons entre autres qu’une autre manifestante aurait perdu un œil suite à un tir de flash-ball lors de cette manifestation, nous appelons le gouvernement à faire cesser ces violences et à respecter le droit de manifestation.