Compte-rendu du RDV à la présidence de l’Université de Nantes du 2 mai 2016

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Une quinzaine de membres du collectif, une vingtaine d’étudiants et un militant syndical se sont réunis devant la faculté d’odontologie, avant de faire cortège vers la présidence qui, vraisemblablement apeurée, nous « accueille » rideaux de fer baissés. Après discussions avec les  représentants de la présidence, 14 personnes parviennent à entrer, reçues par le premier vice président, la directrice des ressources humaines et du dialogue social et le directeur de cabinet du président.

Nous rappelons d’abord le contexte de la création du collectif national et local (mobilisation contre le projet de Loi Travail) puis nous lisons la lettre des IGE avant de faire part de nos trois grandes revendications. Les représentants de la présidence ont d’abord contesté la précarité des doctorants contractuels puis ont répondu qu’ils partageaient l’ensemble de nos revendications en annonçant qu’ils avaient contribué à l’inversion de la courbe de la précarité. Ils ont ensuite décliné leur réponse à chacune des revendications.

Mensualisation des vacations :
Les représentants de la présidence ont réaffirmé leur volonté de mensualiser le paiement des vacations, pour des raisons gestionnaires, par leur politique de restructuration et de simplification des services administratifs et de dématérialisation des dossiers des vacataires. Dans un premier temps, ils ont nié la précarité des vacataires en focalisant sur un profil non précaire (employés à temps plein et à durée indéterminée dans une autre structure) puis ont qualifié de «  vrais-faux vacataires » les personnes cumulant plusieurs statuts et contrats tels que les auto-entrepreneurs. Ils ont annoncé, droits dans leurs petits souliers, avoir créé 18 à 20 CDD de trois ans (contrats LRU) à l’égard de ces personnes comme preuve de leur lutte contre la précarité. Ils ont également renvoyé une partie de la responsabilité des lenteurs de paiement sur les vacataires remplissant mal leurs dossiers et sur les composantes. Ils ont rappelé que contrairement aux titulaires et aux moniteurs, les vacataires n’étaient payés qu’après avoir effectué leurs heures, ne pouvant être sûrs qu’ils fassent effectivement leur travail.

Rémunération des heures travaillées :
Nous avons qualifié la banalisation des heures supplémentaires non rémunérées de conséquence, d’une part des politiques d’austérité à l’université et d’autre part des relations hiérarchiques entre précaires et directeurs de composante. La présidence a rappelé l’illégalité du travail gratuit et s’est engagée à diffuser une circulaire auprès des directeurs de composantes. Elle s’est également engagée à diffuser plus largement l’information sur l’existence de la Commission consultative paritaire des agents non titulaires (CCPANT) dont le but est de lutter contre ces pratiques.

Exonération des frais d’inscription :
Selon la présidence, les frais d’inscription en doctorat sont une nécessité légale. Ils exonéreraient volontiers les doctorants si l’État compensait ce manque à gagner qui finance les frais de scolarité. Nous avons rappelé que les doctorants salariés et non salariés étaient créateurs de valeur et que les frais d’inscription étaient surtout une ressource pour l’université prélevée
uniquement auprès des doctorants, en plus de la valeur produite par leur travail. Par ailleurs, le collectif nous avons informé que l’Université de  Lyon 2 exonérait ses doctorants des frais d’inscription (vu dans le n°70 du Fakir). La directrice des ressources humaines semblait davantage prête à négocier ce point que le vice-président. Cette rencontre a permis de nous faire connaître auprès de la présidence, qui devra désormais compter sur notre présence.

Pour le moment, les réponses données nous paraissent insuffisantes. Nous leur avons d’ores et déjà signalé qu’ils peuvent s’attendre à de nouvelles actions !