Données sur la précarité à l’université Paris 1

Ces données ont été collectées par l’assemblée Générale des personnels de l’université Paris 1, une mobilisation des personnels de spécialités diverses (enseignants, personnels administratifs, personnels des bibliothèque), de différents statuts (titulaires, contractuels et vacataires), et de différents sites de Paris 1.

Présentation du projet: 

Le 10 mai 2016, les personnels mobilisé.e.s de Paris 1 réuni.e.s en Assemblée Générale ont voté la création d’un Observatoire « mobilisé » de la précarité à Paris1.

En effet, les discussions et les débats qui se sont tenus en AG depuis le début du mouvement contre la Loi Travail ont permis d’échanger sur les situations de précarité que les un.e.s et les autres pouvaient rencontrer dans leurs services, leurs départements, leurs UFR et leurs instituts respectifs.

Ces discussions ont permis de rendre visibles de véritables « carrières » de contractuel.le.s et de vacataires que nombre de collègues peuvent mener à Paris 1, en faisant « tourner la boutique » sur des fonctions pérennes durant de nombreuses années.

Dans l’enseignement, les vacataires assurent souvent plus de 50% des heures de TD offertes en Licence. Loin de répondre à des besoins ponctuels, ils et elles se présentent devant les étudiant.e.s en TD tout au long de l’année, voire pendant plusieurs années consécutives, assurant ainsi la continuité des formations que l’université est fière de mettre en valeur dans ses maquettes.

Rémunéré.e.s parfois près d’un an après leurs interventions, les vacataires subissent la précarité de plein fouet alors même qu’ils et elles sont des candidat.e.s au métier d’enseignant-chercheur déjà largement actifs/ves sur tous les plans (recherche, enseignement). Les enseignant.e.s titulaires, les personnels administratifs et les étudiant.e.s souffrent de cette situation : le turn- over des équipes limite la transmission des savoir-faire précieux des un.e.s et des autres. Le temps consacré au recrutement et au traitement des dossiers administratifs des enseignant.e.s non titulaires est considérable.

Les témoignages et les données statistiques que nous commençons à collecter montrent que les conditions d’emploi réservées à une part de plus en plus importante du personnel de notre université sont très largement partagées.

Elles doivent appeler des revendications et des solutions collectives. Les personnels ne peuvent pas uniquement compter sur leur « débrouille » ou sur la chance pour espérer un renouvellement de contrat, de vacation ou une titularisation.

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Les données présentées dans ce rapport sont pour partie inédites : l’université Paris 1 Panthéon Sorbonne ne communique pas sur la part que représentent, par exemple, les vacataires dans ses locaux. Les statistiques existent, mais elles ne circulent pas.

C’est ce silence assourdissant que nous avons cherché à briser. Nos moyens sont limités, mais les données collectées témoignent de l’ampleur du phénomène. Comment peut-on continuer à laisser dans l’ombre des personnels qui composent parfois plus de la moitié des enseignant.e.s que les étudiant.e.s côtoient dans leur formation ?

L’université doit rendre visibles les « invisibles » et mettre sur pied un plan de résorption de la précarité à Paris 1.

L’assemblée Générale des Personnels

Le 17 mai 2016.

Rapport Observatoire Mobilise 1 2016