Soutien du CRESPPA à la mobilisation des précaires de l’ESR

Motion du CRESPPA (Centre de rercherches sociologiques et politiques de Paris), unité mixte de recherche CNRS- Université Paris 8-Université Paris 10, adopté à l’unanimité des suffrages exprimés et une abstention

Soutien à la mobilisation nationale des précaires de l’enseignement supérieur et de la recherche

Le CRESPPA s’inquiète depuis plusieurs années de la baisse continue des recrutements dans les disciplines investies par l’unité, et de l’augmentation parallèle des contrats précaires et parfois même illégaux. L’actuel projet de décret annulant 256 millions de crédits pour l’ESR promet d’empirer encore ces tendances, dans un contexte global de précarisation du travail qui sera démultipliée par le projet de « loi travail » s’il continue d’être imposé contre les mobilisations majeures en convergeant depuis la plupart des secteurs de la société.

Les enseignant·e·s et chercheur·e·s non titulaires, doctorant·e·s et docteur·e·s, de même que les personnels administratifs et techniques, sont de plus en plus contraints d’accepter des conditions de travail et de rémunération indignes, et pour des périodes de plus en plus
longues. Ces situations génèrent des abandons non seulement douloureux mais privant l’enseignement et la recherche de collègues talentueux. Elles minent aussi l’organisation du travail et la coordination des services en plus de susciter des relations de travail tendues voire pathogènes. Elles créent enfin une vaste zone de précarité durable qui transforme radicalement nos métiers : face à la pénurie de moyens et de personnels, les titulaires sont condamné·e·s à la fois à des surcharges d’investissement néfastes pour la qualité de leur travail, et à se transformer en exploiteur·e·s malgré eux·lles du travail bon marché des collègues précaires. Contraire au temps long, à la cohérence et à la collégialité indispensables à l’enseignement et à la recherche, la démultiplication des formes de précarité ne peut ainsi que favoriser les écarts de pouvoir et les relations de dépendance générateurs d’abus, comme le montrent les trop nombreux cas de harcèlement moral et/ou sexuel.

Le CRESPPA soutient pour toutes ces raisons les mobilisations des précaires de l’ESR, au sein des organisations professionnelles et syndicales comme sous la forme autonome prise par le Collectif national des précaires de l’ESR.

Le CRESPPA rappelle que seule la création significative de nouveaux postes d’enseignant-chercheur, d’ITA et de BIATOSS permettra de résorber la précarité dans l’enseignement supérieur et la recherche.

Le CRESPPA appelle dans cette logique l’ensemble des collègues titulaires à manifester leur solidarité symboliquement et pratiquement, par exemple en participant par des journées « labo mort » aux mobilisations nationales contre la « loi travail » du 26 mai et du 14 juin, ainsi qu’en contribuant à la caisse de solidarité pour les précaires de l’ESR.

Paris, le 24 mai 2016