Rencontre avec la présidence : round #2

Le vice-président de l’Université nous a reçu-es une deuxième fois ce matin. Comme il avait été décidé lors de notre dernière AG (24 mai) et vu que la première rencontre n’avait pas été suivie d’effet, nous nous sommes rendu-es à ce RDV dans l’intention de ne pas discuter, mais de répéter nos revendications en lisant une lettre sur laquelle les membres du collectif s’étaient mis-es d’accord. Ci-dessous la contenu de la lettre que nous avons lue avant de quitter la salle.

 

M. le Président de l’Université, M. Bernoussi,

L’assemblée générale du Collectif nantais des précaires de l’ESR du 24 mai 2016 a décidé, à une large majorité, d’accepter de vous rencontrer aujourd’hui mais dans l’unique but de vous faire part de ce texte portant nos exigences.

Nous sommes venu(e)s aujourd’hui afin de ne pas vous laisser croire que nous fermons la porte du dialogue mais aussi pour vous signifier notre profond mécontentement face à votre réponse en date du 23 mai. Nous ne sommes pas dupes de ce rendez-vous qui vise entre autres à gagner du temps compte tenu de la force que prend le collectif de semaine en semaine et de la convergence des luttes qui s’organise dans le cadre de la mobilisation contre la loi Travail.

Nous ne voulons pas attendre les résultats de mesures qui sont de toutes façons trop faibles face à notre précarité, ancrée dans les pratiques des composantes depuis trop longtemps et de manière grandissante depuis plusieurs années. Les circulaires et la mise à l’ordre du jour des conseils que vous proposez ne suffisent plus ! Il est nécessaire d’engager des mesures contraignantes auprès des composantes afin d’obtenir une mise en œuvre concrète des principes de mensualisation des vacations et de paiement de toutes les heures effectuées. Les arguments de lourdeur administrative ne sont pas satisfaisants quand on sait que la mensualisation des vacations a été obtenue et mise en œuvre à l’Université de Caen notamment.

Nous demandons donc à ce que le Conseil d’Administration statue, ce vendredi 3 juin selon la date indiquée par monsieur Bernoussi, sur, a minima, la mise en place de la mensualisation des vacataires, l’interdiction formelle, répétée et réaffirmée, des heures de cours dispensées à titre gratuit pour l’année universitaire 2016/2017 ainsi que des heures de surveillance abusives pour les vacataires, ainsi que l’exonération des frais d’inscription pour tou(te)s les doctorant(e)s de l’Université de Nantes (comme cela est actuellement le cas dans plusieurs universités françaises, à Paris 1, Lille 1, Lyon 2 notamment). Ces mesures sont techniquement possibles, elles relèvent simplement d’une volonté politique de votre part que vous ne semblez pas prêts à assumer.

Par ailleurs, les doctorant(e)s et docteur(e)s inscrit(e)s auprès de Pôle Emploi cadres ont récemment reçu un message les enjoignant à communiquer leur statut auprès de cette institution, afin de les « recenser » pour leur proposer (imposer ?) des ateliers de « coaching » (voir document ci-joint). Cette initiative serait, d’après le message, issue d’un partenariat entre l’Université de Nantes et Pôle Emploi cadres. Nous nous étonnons de découvrir ce partenariat (nouveau ?) et d’en être informé(e)s par Pôle Emploi et non par un communiqué de votre part commun à l’ensemble des doctorant(e)s et docteur(e)s. Quelle est la nature de ce partenariat ? À quoi correspondent ces ateliers de « coaching » ? Seront-ils obligatoires et une condition sinequanone au versement des allocations ? Une fois encore, nous déplorons le manque de transparence de votre part dans la gestion des personnels précaires de l’Université de Nantes.

Nous sommes déterminé(e)s à ne pas reculer sur ces revendications et à envisager d’autres modes d’actions dans les semaines à venir si vous ne répondez pas par l’affirmative à notre demande. Nous vous rappelons que le personnel précaire de l’Université assure un tiers des enseignements, surveille des examens, corrige des copies… et qu’à ce titre, ses possibilités d’actions sont multiples.

Le Collectif Nantais des travailleurs précaires de l’ESR