Envahissement du Conseil d’administration de l’Université de Nantes du 3 juin 2016

Face au manque de considération de la Présidence de l’Université de Nantes, le Collectif nantais des travailleur-e-s précaires de l’ESR a envahi le CA de l’Université de Nantes afin de lire la lettre ci-dessous :

Mesdames, Messieurs,

La précarité tend à se généraliser au sein de l’Université de Nantes parmi le personnel BIATSS et les enseignants-chercheurs. C’est pourquoi le collectif nantais des travailleur-e-s précaires de l’ESR, créé le 13 avril 2016, voit ses rangs grossir de jour en jour. En 2014, sur les 4032 agents de l’Université, on compte 1340 contractuels (550 enseignants et 790 BIATSS), soit 1/3 du personnel. Entre 2008 et 2014, le nombre de précaires a augmenté de 10 points.

En 2014 plus de 220 000 heures complémentaires ont été assurées, soit l’équivalent de 1145 postes d’enseignant-chercheur. Plus de la moitié (53%) de ces heures ont été effectuées par des vacataires. Depuis 2004, environ 200 000 heures complémentaires sont financées par l’Université chaque année. Par ailleurs la part des contractuels BIATSS n’a cessé d’augmenter depuis 2008 pour arriver à plus de 41% en 2014.

Le collectif nantais des travailleur-e-s précaires de l’ESR a interpellé à plusieurs reprises la présidence de l’Université sur cette situation de précarité. Lors de notre première rencontre, celle-ci n’a donné aucun signe d’une volonté claire, annonçant simplement qu’elle diffuserait une circulaire auprès des directeurs de composantes, diffusion dont nous n’avons toujours pas eu écho. Nous attendons toujours également les propositions écrites évoquées lors de notre deuxième rencontre ce mardi 31 mai lorsque nous avons réitéré nos demandes.

Ce silence n’est pas acceptable. Aussi, nous tenons à faire part au conseil d’administration aujourd’hui réuni de nos revendications ainsi qu’à réaffirmer notre détermination la plus totale.

Le collectif nantais des travailleur-e-s précaires de l’ESR revendique a minima :

  • l’interdiction formelle, répétée et réaffirmée, des heures de cours dispensées à titre gratuit, ainsi que des heures de surveillance abusives pour les vacataires

  • que, dans l’attente d’une création massive de postes de titulaires pour l’ensemble des corps de métiers, le conseil d’administration s’engage à fournir un état des lieux clair de la mise en application de la politique de CDIsation affichée par l’Université (cf. courrier du 20 janvier 2015). Si cette évolution n’est pas significative nous demandons, la mise en application immédiate de cet engagement

  • la mensualisation du paiement des vacations (effective à l’Université de Caen cette année et prévue à Paris 1 pour la rentrée 2017)

  • qu’il soit fourni une information systématique et rédigée au moment de l’embauche sur les droits (et devoirs) du personnel BIATSS ainsi que la mention de la ou des branches d’activité professionnelles auxquelles se rattache le contrat

  • l’exonération des frais d’inscription pour tou-te-s les doctorant-e-s (comme cela est actuellement le cas à l’université de Lyon 2 et en cours à Paris 1 et Lille 1)

  • un accès à la formation avec des places réservées et proposées au personnel BIATSS contractuel ainsi que l’ouverture de nouvelles formations si les personnes concernées le demande.

Afin que le président de l’Université de Nantes ainsi que l’ensemble des travailleurs de l’Université prennent toute la mesure de notre précarité et de notre détermination à lutter contre celle-ci par la mise en place de mesures concrètes, nous demandons à ce que les revendications et constats que nous portons soient inscrits au compte-rendu du conseil d’administration se tenant ce vendredi 3 juin et pris en compte par cette instance.

Tant que ces revendications ne sont pas prises en compte nous resterons mobilisés !

Le Collectif nantais des travailleur-e-s précaires de l’ESR