Précaires de tous les secteurs, unissons-nous ! (soutien aux travailleur·e·s de la BnF)

Communiqué de soutien aux précaires de la BNF mobilisé·e·s


Partout en France, le 22 juin 2016

Ce jeudi 23 juin, les travailleur·e·s de la Bibliothèque Nationale de France (BNF), en particulier les précaires, soutenu·e·s par leur intersyndicale CGT-SUD-FSU, organisent une nouvelle journée de grève et d’action. Leurs revendications sont aussi simples que légitimes. Elles concernent l’arrêt des suppressions de postes, l’amélioration des conditions de travail, le passage en CDI des contractuel·le·s à temps incomplet et le passage à 110h de travail par mois pour les précaires qui le souhaitent. Elles ne sont que le minima que chacun·e a le droit de réclamer pour vivre dignement, et sont indispensables pour préserver un service public digne de ce nom. Face à cela, la direction pour l’instant ne fait pas des propositions à la hauteur des demandes.

Partout, dans le secteur public comme dans le privé, des luttes de précaires se re-développent, reconstituant et renouvelant des équipes militantes et créant des solidarités entre différentes catégories de travailleur·e·s. Alors que nous sommes sans cesse atomisé·e·s et mis·es en concurrence, la mobilisation collective apparait à chaque fois comme le plus beau des remparts face à l’individualisation des rapports sociaux et les souffrances personnelles que celle-ci induit. La lutte des doctorant·e·s de l’Université Paris 1 nous montre qu’il est possible de gagner des victoires importantes grâce à notre détermination. Lors du meeting-assemblée que nous avions organisé le dimanche 29 mai à la bourse du travail de St Denis, des convergences fortes entre différentes luttes de précaires ont été constatées. La solidarité de toutes et tous, précaires ou non, est un impératif si nous voulons transformer radicalement nos conditions de travail.

Nous affirmons notre soutien inconditionnel aux précaires de la BNF en lutte. En tant que lecteurs/lectrices, il est indispensable qu’ils et elles gagnent afin que nos conditions de travail soient préservées dans ce lieu important pour l’accès aux savoirs de toutes et tous. En tant que travailleur·e·s précaires, une victoire face à la direction de la BNF montrerait une nouvelle fois que d’autres solutions sont possibles. Le ministère de la culture doit désormais intervenir sur ce dossier et cesser d’ignorer leurs revendications. Le laisser-faire du gouvernement, qui est le même dans l’ESR, sous prétexte de laisser l’autonomie de gestion aux établissements, est insupportable. Ces situations locales ne font pas que s’accumuler : elles font système et prennent racine dans les logiques managériales, concurrentielles et l’asphyxie budgétaire que l’Etat-employeur organise, faisant ainsi mieux que le Medef dans ce rôle de précarisateur.

Pour toutes ces raisons, nous appelons l’ensemble des personnels de l’ESR, usager·e·s ou non de la BnF, titulaires et non-titulaires, à affirmer leur soutien aux précaires de la BnF ce jeudi 23 juin (Rassemblement à 12h30 devant le ministère de la Culture au Palais Royal (colonnes de Buren) ).

Nous les appelons également à participer ce même jour ainsi que les suivants, partout en France, aux manifestations contre la loi « Travail », qu’elles soient autorisées ou non, pour faire face à la dérive autoritaire historique du gouvernement et mettre en défaite ce projet de loi qui constituera une régression sociale majeure pour l’ensemble des travailleur·e·s de ce pays.

Mort à la précarité, Vive les luttes de précaires !