Présentation du Collectif des Docteur·e·s sans poste

Notre initiative s’inscrit dans la dynamique du Collectif national des travailleur·e·s précaires de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (ESR), avec lequel nous articulons différentes luttes localement et nationalement. Face à la précarisation massive et de longue durée dans l’ESR, ce collectif vise à répondre à un problème spécifique : celui de l’atomisation des précaires après l’obtention de leur doctorat, en particulier lorsqu’ils ne sont plus véritablement liés à un laboratoire de recherche et quand ils travaillent dans plusieurs établissements, ce qui les rend extrêmement vulnérables en raison de leur isolement.

 

Le Collectif des Docteur.e.s sans poste regroupe des enseignant.e.s et/ou des chercheur.e.s, titulaires d’un doctorat, qualifié.e.s – ou pas – aux fonctions de maître.sse de conférences (MCF). Ils assurent une très large partie des charges de cours dans l’Université française. Selon un rapport de 2016 sur « l’état de l’emploi scientifique en France », la part des emplois non permanents dans l’enseignement supérieur était de 34%  – un tiers du total ! – en 2014. Ils effectuent également, la plupart du temps sans rétribution, une part conséquente de la production scientifique, de la gestion et de l’animation de la recherche.
La création du Collectif des Docteur.e.s sans poste répond au manque de moyens attribués à l’Enseignement Supérieur et à la Recherche, tandis que le nombre d’étudiants n’a cessé d’augmenter. De 2009 à 2015 le nombre d’étudiants est passé de 1 367 275 en 2009 à 1 531 279, soit + 164 004 étudiants tandis que dans même temps, le nombre de postes ouverts au concours MCF a baissé, passant de 1977 en 2009 à 1291 en 2014.

 

À cela s’ajoutent les effets délétères :

  • De l’autonomisation des universités créée par la LRU
  • Des réformes qui visent à créer des mastodontes universitaires – COMUE, IDEX – régis par des logiques managériales
  • De l’accroissement du financement de la recherche par projet au détriment de financements pérennes

 

La précarité est structurelle. Elle relève de la gestion ordinaire des enseignant.e.s et des chercheur.e.s dans l’ESR. Les docteur.e.s sans poste travaillent dans des conditions d’extrême précarité, très largement invisibilisées :

  • Ils peuvent être vacataires, c’est-à-dire rétribué.e.s à l’heure de cours, sans prise en compte du temps de préparation, sous-payé.e.s, sans droit au chômage, sans droit à une véritable couverture en cas de maladie ou de grossesse. Pour assurer ces charges de cours, ils doivent justifier de revenus suffisants par ailleurs (!), et sont par conséquent contraint.e.s de trouver un emploi principal en dehors de l’ESR, ou de recourir au statut d’auto-entrepreneur, voire de passer par des sociétés de portage salarial.
  • Ils peuvent être ATER, contrat d’un an renouvelable une seule fois. Les conditions imposées sont de plus en plus éclatées. Par exemple, certains contrats sont parfois regroupés sur quelques mois et non plus sur douze mois.
  • Les postdoctorant.e.s sont également soumis à une variété de situations : bourses et libéralités plutôt qu’un salaire, horaires variables…
  • Les chercheur.e.s associé.e.s, quant à eux, ne sont pas rémunérés en tant que tels.
  • Certain.e.s n’ont comme seule ressource qu’une allocation chômage, le RSA, voire n’ont droit à rien, en attendant un hypothétique recrutement.

 

Nos objectifs :

  • Fédérer et coordonner les docteur.e.s sans poste pour sortir de l’état actuel d’isolement qui nous empêche de mener des luttes collectives
  • Faire un état des lieux, témoigner, réunir nos expériences et sortir de l’invisibilité
  • Arrêter une plateforme de revendications et définir des modalités de mobilisation

 

Le Collectif des Docteur.e.s sans poste est ouvert à tou.te.s les docteur.e.s ! Venez nous rejoindre !

  • Nous disposons d’une liste de discussion pour débattre collectivement et élaborer nos revendications et nos actions (). Pour s’inscrire sur la liste :
    https://listes.lautre.net/cgi-bin/mailman/listinfo/idf-docsansposte
  • Notre adresse mail : 
  • Les comptes-rendus de nos réunions sont disponibles à qui les demande