Communiqué des doctorant.e.s de Paris I contre la suppression des demi-Ater

Bien que très peu rémunérateurs (1520 euros brut, 1250 euros net par mois) pour 96h d’enseignement annuel et un temps de recherche “non quantifiable”, les contrats de demi-ATER sur 12 mois permettent à de nombreux.ses doctorant.e.s de disposer de temps pour se consacrer à leur thèse. Les conditions d’un temps plein permettent rarement d’avancer dans le travail de recherche, avec une activité d’enseignement équivalente à celle d’un maître de conférence, mais sous-payée par rapport au travail demandé (1693,85 nets ).

Alors même que les délais pour terminer les thèses sont de plus en plus contrôlés, cette décision ne peut conduire qu’à allonger la durée des thèses et augmenter le nombre d’abandons.

Surtout, la suppression des demi-ATER, c’est deux fois moins de contrats pour les doctorant.e.s, et deux fois moins de temps pour les derniers ATER à consacrer à leur recherche doctorale !

Alors qu’au niveau national se généralisent temps pleins et bricolages sur les contrats d’ATER  (ATER temps plein payé 6 mois pour 96h par exemple), Paris 1 maintenait pour certaines UFR la possibilité de recourir à des contrats d’ATER à mi-temps. Pourtant, votre lettre d’orientation budgétaire envisage leur disparition. Pourquoi? Pour 500 000 euros. Notre université en est ainsi réduite à précariser plus encore les doctorant.e.s sous couvert de sommes dérisoires, qu’elle ne prévoit même pas d’affecter à l’ouverture de postes d’enseignant.e.s chercheur.ses titulaires !

Le service public universitaire se doit d’être au-dessus de tels calculs d’apothicaires : nous sommes des enseignant.e.s chercheur.es, notre activité d’enseignement et de recherche se doit d’être dignement considérée et rémunérée.

L’Université est avant tout un lieu de production et de transmission de savoir, auquel nous contribuons amplement. Nous demandons donc que les économies ne soient plus faites sur les enseignant.e.s non-titulaires, qui, pressurisés entre la réduction du temps de thèse et l’exigence de se nourrir, doivent pouvoir avoir recours à des mi-temps. Nous méritons au moins d’avoir le choix entre du temps pour mener nos recherches ou un salaire digne, à défaut de pouvoir obtenir les deux en l’état actuel des choses.

N’oubliez pas monsieur Haddad: “les enseignant.e.s ne se produisent pas comme des Big-Mac” (Haddad, 2017) car ils ont besoin de temps pour apprendre à chercher et à enseigner.