Contre la sélection à l’Université

Face au Plan Étudiants du gouvernement Macron, le collectif national des Précaires de l’Enseignement supérieur et de la recherche se déclare :

  • contre la sélection à l’université et pour une université de service public, ouverte à tou·te·s
  • contre la précarité à l’université et pour une augmentation des moyens

Contre la sélection et pour une université de service public, ouverte à tou·te·s

On nous présente la sélection comme la solution aux taux d’échecs, car elle permettrait de garantir l’accueil à l’université de celles et ceux déjà sûr·e·s d’y réussir. Ce n’est pas notre vision d’un service public de l’éducation. Sélectionner celles et ceux qui accéderont aux savoirs critiques et à la critique des savoirs, c’est leur projet et nous sommes contre. L’université doit rester ouverte à tou·te·s, car elle est la seule voie par laquelle celles et ceux qui ne peuvent se permettre d’intégrer les grandes écoles ou les formations d’« élite » peuvent avoir une formation de qualité. Mais surtout, l’université doit rester ouverte à tou·te·s, car elle est le lieu d’une possible émancipation, au-delà de dossiers scolaires sinueux ou qui trahissent une origine populaire.

Contre la précarité et pour une augmentation des moyens

Les conditions de travail à l’université se dégradent et les étudiant·e·s en pâtissent. Face à cela, le gouvernement ne propose que la sélection comme solution. Au-delà des conséquences directes pour les étudiant·e·s de classes populaires qu’on met en péril et qu’on stigmatise, c’est encore la question des moyens qu’on évite de poser. La loi sur l’autonomie des universités a mis nos facs dans une situation financière déplorable. Le recours aux travailleur·e·s précaires est devenu une condition nécessaire de leurs fonctionnements. Améliorer l’enseignement à l’Université requiert une augmentation des moyens et non une réduction des effectifs étudiants.

Nous, collectif des travailleur·e·s Précaires de l’ESR, soutenons toutes les formes de mobilisation qui s’élèvent contre les réformes touchant l’ensemble des statuts présents à l’université (étudiant, doctorant, vacataire, BIATS et BIATOS, contractuel, etc.). Nous appelons à la lutte pour renforcer le droit à étudier des bachelier·e·s et obtenir de nouveaux moyens pour des enseignements de qualité, dans des classes à effectifs raisonnables, donnés par des enseignant·e·s-chercheur·e·s stables et dignement rémunéré·e·s. Nous apporterons leur concours par tous les moyens aux luttes engagées actuellement contre la précarité et contre l’ensemble de la politique néolibérale de Macron.