Déclaration de grève des ATER, doctorant·e·s contractuel·le·s, vacataires, jeunes chercheur·euse·s de l’Université Paris Nanterre – 11 mai 2018

Le 11 mai 2018, en tentant à tout prix de maintenir les examens en les délocalisant à Arcueil dans des conditions inacceptables, et notamment en les encadrant par les forces de l’ordre, la présidence de l’Université Paris Nanterre a une fois de plus fait preuve de son obstination à ignorer la contestation grandissante en son sein de l’application de la loi ORE et du dispositif Parcoursup.

À tous les échelons, des UFR au ministère de l’ESR, tout est fait pour appliquer à marche forcée cette réforme en ignorant les voix dissonantes et en réprimant le mouvement de contestation.

Avec l’intention affichée de remédier aux problèmes réels du manque de moyens et de places à l’université, la loi ORE et le dispositif Parcoursup ne sont encore qu’une étape dans la transformation profonde du service public de l’enseignement supérieur. Depuis l’autonomie des Universités, le même processus est toujours à l’œuvre avec la réforme en cours du bac, en passant par la future refonte des maquettes de licences, sans oublier le projet de réforme du statut des enseignant·e·s-chercheur·euse·s. Tout cela a pour objectif la privatisation de ce service public, la précarisation de ses agents et la marchandisation de ses savoirs.

Ce processus ne concerne pas seulement les lycéen·ne·s et les étudiant·e·s mais aussi les personnels de l’Université et plus généralement toutes les personnes pour lesquelles l’Université a été et doit rester un lieu d’émancipation ouvert à tou·te·s. Prenant conscience de l’ampleur de ces attaques, de plus en plus de personnes réagissent et s’engagent dans le mouvement de contestation.

Nous, ATER, doctorant·e·s contractuel·le·s, vacataires, jeunes chercheur·euse·s, sommes opposé·e·s aux réformes en cours qui entrainent la destruction du métier que nous exerçons. Nous soutenons la mobilisation étudiante et prenons à présent nos responsabilités.

Nous demandons l’abrogation de la loi ORE et un investissement urgent et massif dans l’enseignement supérieur et la recherche. Dans l’immédiat, nous demandons la neutralisation de Parcoursup : hiérarchisation des vœux par les candidat·e·s et création des places manquantes (comme demandé dans le texte rédigé par les personnels en lutte de Nanterre : « There is an Alternative : un autre Parcoursup est possible »). Et nous revendiquons notre droit en tant qu’ATER, doctorant·e·s contractuel·le·s, vacataires, jeunes chercheur·euse·s, membres à part entière de l’équipe enseignante, de participer aux décisions qui concernent la vie de l’université.

Pour que nos revendications soient satisfaites nous nous déclarons en grève : rétention de notes notamment du contrôle continu, non-surveillance des examens, et cessation de toutes les charges administratives.

Nous nous inscrivons donc dans l’appel des précaires de l’enseignement supérieur et de la recherche. Nous appelons à une mobilisation d’ampleur les 16, 22 et 25 mai de toutes les personnes concernées par la survie de ce service public. Nous serons particulièrement attentif·ve·s au discours du Président Macron sur l’avenir de ce service.

Nous appelons les titulaires à nous rejoindre dès aujourd’hui dans la grève et le 25 mai dans la rue.

Les 68 de Nanterre, qui aspirent à être beaucoup plus

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