L’appel-pétition des 1000 fourmis : pour inventer et organiser une grève des précaires dans l’ESR !

La colère monte

Depuis une quinzaine d’années, les travailleur·e·s précaires de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (ESR) cessent progressivement de se terrer et de se taire. En mai 2016, nous, fourmis de l’activité scientifique et pédagogique, nous sommes fédéré·e·s en un Collectif des Travailleur·e·s Précaires de l’ESR. Notre plate-forme de 10 revendications visant à défendre nos conditions de travail, résorber la précarité et améliorer le service public de l’ESR, a été soutenue par plus de 2000 personnes, de nombreux laboratoires et départements, les organisations syndicales et professionnelles de l’ESR. Près d’une trentaine de collectifs locaux se sont depuis constitués et fédérés, menant localement et nationalement cette lutte.

Force est de constater que deux ans plus tard, le nouveau gouvernement, composé pour partie de celles et ceux qui sont depuis bien longtemps à la manœuvre – E. Macron, T. Coulhon et F. Vidal en premier lieu – est resté sourd à cette mobilisation. Pire encore, l’instauration de la loi ORE et l’officialisation de la sélection à l’entrée de l’Université, les charges supplémentaires de travail qui y sont liées, la mise en concurrence des étudiant·e·s, des personnels et des Universités, va aggraver la situation actuelle. La création de graduate schools à la française ou les financements dits d’excellence vont continuer d’instaurer une inégalité entre étudiant·e·s ; entre celles et ceux qui étudieront dans des établissements « bien » financés et celles et ceux où la précarité des personnels ne cessera de s’accroître. La marchandisation de l’ESR et la précarisation de notre travail demande dès lors que notre mobilisation soit prête à durer sur le temps long et qu’elle s’amplifie avec la participation de tou·te·s à la grève dans l’ESR et au mouvement social en cours dans le pays.

Dans nos Universités, les travailleur·e·s précaires de l’ESR sont systématiquement invisibilisé·e·s par les administrations alors qu’ils et elles représentent les personnels parmi les plus mobilisé·e·s. L’appel des 68 de Nanterre montre par exemple la voie d’une grève de grande ampleur des précaires, prête à durer. Les précaires de Toulouse se mettent également en ce moment en grève pour revendiquer le paiement de leurs salaires. À Aix-Marseille, des brigades de solidarité s’organisent pour défendre nos droits. Ce sont ces exemples que nous devons suivre et amplifier à travers cet appel.

Inventer une grève des précaires de l’ESR

Notre situation de précarité nous oblige toutefois à penser nos formes d’action de façon spécifique et à rendre publiques nos conditions de travail. Nous, les « 1000 fourmis », appelons à démarrer une grève des travailleur·e·s précaires de l’ESR à partir du 25 mai 2018 en pensant celle-ci sur le temps long. Le 25 mai marque le 20ème anniversaire du processus de Bologne – clef de voûte de la marchandisation de l’ESR et de la précarisation des personnels – et le jour où Emmanuel Macron réunira à la Sorbonne une conférence européenne destinée à relancer ce processus.

Nous appelons ce jour-là à tenir localement des Assemblées Générales des travailleur·e·s précaires de l’ESR et des journées de mobilisation et de visibilisation. Nous demandons à l’ensemble des collègues précaires et collectifs mobilisé·e·s de faire remonter leurs informations sur la liste mail du Collectif des Travailleur·e·s Précaires de l’ESR.

Pour mener à bien cette grève prolongée, nous proposons ici un certain nombre d’outils non-exhaustifs et à décliner en fonction des réalités. Ces outils ont été pensé depuis le point de vue particulier des précaires et nécessitent d’être mis en œuvre collectivement. Ils sont une tentative de propose un « mode d’emploi » pour une inventer une grève des travailleur·e·s précaires de l’ESR adaptée aux temporalités et aux conditions de travail spécifiques à nos métiers.

Dès maintenant

Nous appelons l’ensemble des travailleur·e·s précaires de l’ESR à signer cet appel et ainsi se déclarer en grève, en vue d’atteindre rapidement le nombre de « 1000 fourmis ».

Nous demandons l’instauration d’un plan d’urgence pour l’ESR dès la rentrée prochaine à partir des 10 revendications Pour en finir avec la précarité que nous avions formulées en mai 2016 et des revendications de la Coordination Nationale des Universités du 5 mai 2018.

Nous appelons l’ensemble des collègues titulaires, les organisations syndicales et professionnelles, les laboratoires de recherche et composantes des universités à se solidariser de cette grève. Celle-ci ne concerne pas que les plus précaires mais bel et bien l’ensemble des personnels universitaires et de recherche qui voient leurs métiers et leurs conditions de travail se dégrader quotidiennement.

Nous demandons enfin à Frédérique Vidal elle-même, Ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de « l’Innovation », ainsi qu’à Thierry Coulhon, conseiller du Président de la République pour l’ESR, de nous recevoir au plus vite.

Nous, travailleur·e·s précaires de l’ESR, participons à la mobilisation actuelle dans les Universités et en soutenons les revendications sans condition. Nous demandons l’abrogation immédiate de la loi ORE, aux côtés des étudiant·e·s et personnels titulaires mobilisé·e·s. Nous exigeons en outre l’arrêt de toute forme de répression contre la mobilisation en cours, qu’elle soit policière, administrative, pédagogique ou professionnelle. Nous exprimons enfin notre solidarité inconditionnelle aux cheminot·e·s, postier·e·s, ZADistes, personnels hospitaliers, salarié·e·s des commerces et autres personnes en lutte qui défendent le bien public et leurs conditions de travail et de vie.

Pour signer l’appel (avec votre nom ou un pseudonyme), remplissez simplement le formulaire ci-dessous.

Pour rendre la grève effective, n’hésitez pas à vous inspirer et compléter le mode d’emploi. Celui-ci est évolutif et ne demande qu’à être amélioré à partir de vos idées et expériences, particulièrement en ce qui concerne les mobilisations des personnels BIAT(O)SS.

Cet appel est notamment soutenu par : ASES, Sud éducation, ANCMSP, SNTRS-CGT, CGT-INRA, SNCS-FSU, Snesup-FSU, Sud Recherche EPST, Collectif des précaires de l’Université du Mirail… (pour le soutenir en tant qu’organisation, merci d’envoyer un mail à )

Un appel “des éléphant·e·s” en solidarité avec notre mobilisation a également été lancé des collègues titulaires, n’hésitez pas à le signer et le faire signer : https://www.petitions24.net/solidarite_avec_la_greve_de_nos_collegues_precaires

Votre adresse email est nécessaire pour la confirmation de votre signature : n’oubliez pas de cliquer sur le lien que nous allons vous envoyer ! Elle ne sera ni utilisée à d’autres fins, ni transmise à qui que ce soit. Pour être informé·e de l’actualité du collectif et participer à ses actions, n’hésitez pas à visiter la page Agir ensemble !

P.S. : attention, les fourmis ça peut piquer !

 


L'appel des 1000 fourmis : pour inventer et organiser une grève des précaires dans l'ESR !

Cette pétition n'accepte plus de nouvelle signature.

Date de fin: Sep 10, 2018

Signatures recueillies: 153

153 signatures

Liste des signatures
153 Pascale D. Fonctionnaire INRA 27 Juin
152 Thomas P. INRA - titulaire 20 Juin
151 Anne M. CDD INRA 11 Juin
150 laurence v. sans 07 Juin
149 Mireille C. titulaire 05 Juin
148 Najda V. Thésarde Université Toulouse III Paul Sabatier 04 Juin
147 Hugo B. Ingénieur de recherche en CDD 04 Juin
146 Nathanaëlle S. Doctorante précaire, EHESS 01 Juin
145 Gwenn R. Doctorant/ Précaire Aix-Marseille Université 31 Mai
144 aurélie f. Doctorante chargée d'enseignement - UT2J 30 Mai
143 Sebastian B. Postdoctorant, MPIfG 30 Mai
142 scott v. Postdoc, Université de Toulouse 30 Mai
141 Hadrien C. Docteur précaire en sociologie, Sciences Po 30 Mai
140 Fabien F. chercheur précaire, IEP de Paris/Université Paris-Dauphine 30 Mai
139 Lola G. doctorante, Institut Universitaire Européen 30 Mai
138 Cécile H. CNRS 30 Mai
137 ANCMSP A. https://ancmsp.com 30 Mai
136 Malo M. ATER - Rennes 2 29 Mai
135 Marielle D. doctorante à l'Université Grenoble Alpes 29 Mai
134 Olivier M. Ingénieur - CNRS 29 Mai
133 Audrey B. Doctorant, INRA 29 Mai
132 Meddy E. Doctorant, Université Clermont Auvergne 29 Mai
131 Pierre C. Doctorant, INRA/Oniris/UBL 29 Mai
130 Guillaume F. Maître de conférences, Université Toulouse Jean Jaurès 29 Mai
129 Mickaël R. Docteur en études cinématographiques, Université Paris 3 29 Mai
128 Jasmina S. Chargée de TD Université Paris Descartes 29 Mai
127 Anne-Claudine O. Sociologue, MCF en Sciences de l'éducation, UPEC 28 Mai
126 Jean-François B. EPST 28 Mai
125 Sandrine G. PU, Université de Bourgogne 28 Mai
124 Irène P. PRCE, UPEC 28 Mai

Premier·e·s signataires

  • Arambourou Clément, précaire de l’Université de La Rochelle dont le poste est co-financé par Pôle Emploi.
  • Barbier, Clément, précaire de l’Université Paris-Est
  • Bas Jérôme, précaire de l’Université Paris 8 Saint-Denis
  • Bertrand Romain, précaire de l’Université Lumière Lyon 2
  • Blondet Loup, précaire de l’université de Strasbourg
  • Boissier Fabrice, doctorant de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
  • Bosvieux-Onyekwelu Charles, précaire de l’EHESS
  • Brasseur Pierre, précaire de l’Université de Lille
  • Breteau Marion, précaire de l’université Aix-Marseille – Doctorante financée par Pôle Emploi (2e et dernière année)
  • Caraglio Agnès, précaire d’Aix-Marseille Université
  • Carlos Rita, précaire de l’Université de Versailles Saint-Quentin
  • Chatirichvili Odile, précaire de l’Université Grenoble Alpes
  • Chevallier Thomas, précaire de l’Université Lille 2
  • Cloteau Armèle, précaire de l’Université de Versailles Saint-Quentin en Yvelines
  • Colombani Anouk, précaire de l’Université Paris 8-Saint-Denis
  • Cos Rafaël, précaire de l’Université de Lille
  • Clément Garance, précaire de l’Université Paris Est Marne la vallée
  • Coq Maxime, précaire Université La Rochelle (étudiant salarié)
  • Coq Mattéo, précaire Aix-Marseille Université
  • Deffontaines Pierre, précaire de l’Université de Bourgogne Franche-Comté
  • Demol Ludivine, précaire de l’Université Vincennes Saint-Denis, Paris 8
  • Dormoy-Rajramanan Christelle, précaire des universités Paris 8 et Nanterre
  • Dujmovic Morgane, précaire de l’Université d’Aix-Marseille
  • Duval Marion, précaire de l’Université de Versailles Saint-Quentin-enYvelines
  • Delouette Ilona, précaire de l’Université de Lille
  • Durand Pierre, ITRF précaire de l’Université d’Aix-Marseille
  • Dupré Georgette, précaire de l’université d’Aix-Marseille
  • Faggianelli Brocart Paul, précaire de l’Université Paris Nanterre
  • Flores Artemisa, docteure précaire de l’Université Vincennes Saint-Denis, Paris 8
  • Gassier Yolaine, précaire de l’IEP d’Aix-en-Provence/AMU
  • Geffroy Céline, précaire de l’Université de Bretagne Occidentale
  • Gellereau Claire, précaire de l’Université de Lille
  • Girard Lucile, précaire de l’Université de Bourgogne
  • Gallardo Lucille, précaire de l’Université Paris Nanterre
  • Gonnet Aurélie, précaire du CNAM
  • Guedj Richard, doctorant précaire de l’Université Paris Descartes
  • Haste Amanda, précaire de l’Université d’Aix Marseille
  • Jonas Emilie, précaire de l’université de Strasbourg
  • Kotras Baptiste, précaire de l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée
  • Lamblin Célia, précaire de l’Université d’Aix Marseille
  • Lavault Théophile, précaire de Paris 1 – Panthéon-Sorbonne
  • Le Bayon Flavie, précaire d’Aix-Marseille-Université
  • Le Chêne Elen, précaire de l’IEP d’Aix-en-Provence – Université Aix-Marseille
  • Lefebvre Romain, précaire de l’Université de Lille
  • Lefèvre Victor, précaire de Paris 1 – Panthéon-Sorbonne
  • Legeay, Vincent, précaire de Paris 1 – Panthéon sorbonne
  • Legé Romain, précaire de l’Université de Nantes
  • Le Bigot Brenda, précaire de l’Université de Cergy-Pontoise
  • Lescloupé Clément, précaire à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne
  • Lombard Olivier, précaire (Post Doctorant) de l’Université d’Aix Marseille
  • Louis Julien, précaire de l’Université de Strasbourg
  • Mangin Maïlys, précaire à l’Université de Lille
  • Mazières-Vaysse Adrien, doctorant et précaire de l’éducation nationale
  • Michoux Clémence, doctorante à l’Université de Poitiers
  • Mongy Aymeric, précaire de l’Université de Lille
  • Morgan Daniel, doctorant/précaire, Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3, Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines
  • Morillas Cindy, précaire de l’ESR, post-doc à Johannesburg
  • Morineaux Mathilde, précaire de l’Université Vincennes Saint-Denis, Paris 8
  • Ormieres Emilien, précaire de l’UVSQ et de l’Université d’Orléans
  • Okbani Nadia, précaire de l’université Paris Descartes, Paris-Nanterre et Panthéon-Sorbonne attend ses 5324€ de salaire
  • Pereira Besteiro Bastien, précaire de l’Université Lumière Lyon 2
  • Petitjean Clément, précaire de Sorbonne Université
  • Porqueddu Marie-Elise, précaire d’Aix-Marseille Université
  • Pourhosseini Behrang, précaire à l’Université Vincennes Saint-Denis, Paris 8 ,
  • Pupier, Pauline, précaire de l’Université d’Artois, Arras
  • Raymond Candice, précaire à l’Université paris 1 – Panthéon-Sorbonne
  • Roubertie Soliman Lorraine, précaire en quête de rattachement institutionnel à l’université Toulouse Jean Jaurès
  • Roussigné Mathilde, précaire de l’Université Paris 8 Saint-Denis
  • Rimbaud, Jean, précaire Sciences Po Paris
  • Rueff Bastien, précaire de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
  • Sajn Sarah, précaire de Sciences Po Aix/AMU et de l’Université de Lille 2
  • Sénat Marion, précaire de l’Université Paris-III Sorbonne-Nouvelle
  • Tabah Emmanuelle, précaire de l’Ecole normale supérieure de Cachan
  • Tercerie Orianne, précaire de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
  • Tissière Laurie, précaire de l’ESR
  • Teillet Guillaume, précaire des universités de Nantes et de Poitiers
  • Thomas Lou, précaire de l’Université Paris Nanterre
  • Vacher Kevin, précaire de l’Université Nice Sophia-Antipolis.
  • Vallot Pauline, précaire de l’Université de Paris 1
  • Varet Florent, précaire d’Aix-Marseille Université, doctorant qui avait été recruté pour des TD prétendument en tant que contractuel d’enseignement (avec rémunération mensuelle) et a qui l’on a finalement fait signer un semestre plus tard un contrat de vacataire d’enseignement (avec rémunération semestrielle et également retardée de plusieurs mois) pour le même service en partie déjà fait et qui a été sanctionné d’une interdiction d’enseigner l’année suivante pour avoir refusé de faire 3 surveillances d’examens en signe de protestation contre l’administration de l’Université
  • Vay Mélanie, précaire de l’Université Paris-Dauphine et de l’UPEM
  • Viel Laurine, précaire d’Aix-Marseille Université
  • de Villaine, Hortense, précaire de l’université Paris Nanterre
  • Villar Emilie, précaire du CNRS
  • Violier Victor, précaire de l’Université de Nanterre
  • Vörös Florian, précaire de l’Université de Lille