Suppressions et déclassements lors de la campagne de recrutement au CNRS de 2017

Cette année, le jury d’admission de l’INSHS a procédé à plusieurs déclassements, reclassements voire suppressions de postes dans les sections 32, 35, 36 et 39 du CNRS. Sont passés sur des listes mails professionnelles des messages s’indignant, à juste titre, de la remise en cause du travail du jury d’admissibilité. Ces pratiques s’inscrivent dans une casse des procédures de recrutement des concours de la fonction publique dont ceux de l’enseignement supérieur et la recherche (ESR) ne sont pas les seuls à faire les frais. Par leurs justifications, ces déclassements expriment une fois de plus un développement nocif vers l’ « excellence » qui participe au retrait de l’égalitarisme dans l’ESR. Enfin, toute l’affaire relève surtout d’un problème cardinal : le manque de postes.
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Avoir un doctorat, mais pas d’emploi !

(Cette tribune a été également publiée sur Le Monde le jeudi 18 mai 2017)

« Si vous vouliez trouver du travail, c’est un BTS qu’il fallait faire, pas une thèse ». Cette phrase a été adressée à l’un d’entre nous par sa conseillère Pôle emploi : elle figure parmi les témoignages collectés sur le site Doc en Stock afin de rendre visible la précarité subie par des milliers de titulaires d’un doctorat privés d’emploi stable.

Selon le Centre d’études et de recherches sur les qualifications (CEREQ), le taux de chômage des docteur·e·s avoisine aujourd’hui 10 %. C’est trois fois plus qu’en Allemagne, en Angleterre ou aux États-Unis, qui forment pourtant davantage de docteur·e·s que la France. Nous souffrons surtout de l’incertitude liée à notre situation : une récente note d’information ministérielle souligne que moins d’un·e docteur·e sur deux dispose d’un poste fixe dans les cinq ans suivant sa soutenance de thèse.
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