Mensualisation des vacataires : un appel au bon sens comme seule action du quinquennat

Le 25 avril, à quelques jours de la fin de son mandat, le gouvernement a publié une circulaire concernant les délais de paiement des vacataires de l’enseignement supérieur. Ce document suggère aux président·e·s d’Universités la mise en place de nouvelles règles pour la rentrée 2017-2018 et l’objectif « [d’]un rythme de versement mensuel » « dans le cas de vacations effectuées de façon régulière ». Il invite également à la transmission et à la signature des contrats de travail par les travailleur·se·s avant leur prise de fonction.

Si cette publication semble répondre à certaines des revendications exprimées lors des nombreuses mobilisations des collectifs en lutte au sein des Universités, il est en réalité difficile d’y voir autre chose qu’une reconnaissance symbolique et a minima. Ce document n’était pas contraignant – juridiquement, il n’a ni plus ni moins de valeur qu’une « note de service » – les administrations des Universités pourront décider de tout simplement ignorer ce rappel à l’ordre, et surtout au droit. Sa formulation même (« L’objectif que nous pouvons nous fixer est d’atteindre… ») laisse transparaître l’absence de volonté du gouvernement de réellement lutter contre ces pratiques. Ainsi, après des années d’inaction lorsqu’il était en capacité d’agir, le ministère se contente ici de rappeler aux président·e·s d’Université le bon sens et le droit les plus élémentaires, d’une manière qui pourra être défaite aussitôt le nouveau gouvernement nommé.
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Communiqué des doctorant·e·s Mobilisé·e·s à l’adresse des instances de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Nous vous signalons qu’à ce jour le traitement du mois de décembre des ATER leur a été incomplètement versé. Pour les ATER à mi-temps d’enseignement il leur reste dû entre 150 et 200 euros ; et pour les ATER à temps plein d’enseignement entre 350 et 400 euros. L’Université ne leur a pas non plus versé la moitié de la prime annuelle d’enseignement et de recherche, pourtant versée avec le traitement de décembre. Pour les premiers cela représente 270 euros euros et pour les seconds 539,75 euros.
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Motion de soutien du Centre Marc Bloch

Le Centre Marc Bloch, centre franco-allemand de recherche en sciences sociales, unité mixte des instituts français de recherche à l’étranger (UMIFRE n° 14 CNRS – MAEDI), montre son soutien au mouvement des précaires de l’ESR. Voici la motion qu’il a voté au dernier conseil de laboratoire :

Le Centre Marc Bloch soutient la mobilisation lancée par le Collectif des travailleur·e·s précaires de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (ESR). Nous observons les mêmes évolutions au sein de l’ESR français concernant la baisse des recrutements et l’augmentation de la précarité des carrières particulièrement visibles parmi les jeunes professionnel·le·s. En ce sens, nous reprenons la motion portée par l’IRIS (Unité mixte de recherche CNRS-EHESS-INSERM-Université Paris 13).

À cela, nous souhaitons ajouter notre inquiétude concernant la situation au sein de l’ESR allemand, tout aussi touché par les effets négatifs de la libéralisation en son sein. Nous dénonçons tout particulièrement l’enchaînement de contrats courts sur des périodes de plus en plus longues après le doctorat, décourageant la poursuite d’une carrière universitaire parmi celles et ceux ne pouvant se permettre une telle instabilité (qu’elle soit sociale, économique ou géographique).

Pour une Université vraiment solidaire

Le 11 octobre dernier, l’ensemble des personnels et étudiant·e·s de Paris 8 a reçu un message les invitant à participer au financement du Diplôme Universitaire (DU) « Français langue étrangère pour les populations réfugiées en insertion universitaire ». « Destiné exclusivement à des étudiant[·e·]s réfugié[·e·]s ne possédant que très peu ou pas du tout de notions en français », celui-ci prétend « leur octroyer un niveau de maîtrise linguistique permettant leur insertion dans une formation de l’enseignement supérieur francophone afin d’y reprendre les études interrompues dans leurs pays respectifs ». Des affichettes reproduisant ce message sont également disposées dans les locaux de l’Université. Faute de parvenir à convaincre la communauté universitaire et leurs proches et connaissances de contribuer collectivement à cette formation à hauteur de 10 000 €, la direction de l’Université pourrait ne pas la reconduire cette année. Si nous ne pouvons que saluer l’objectif affiché de « contribuer à l’accueil des réfugié[·e·]s », nous regrettons sa mise en pratique et les modalités de son financement.
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Pétition et semaine de mobilisation nationale contre la précarité

Les précaires de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (ESR) lancent une pétition et une semaine d’actions nationale pour appeler à la mobilisation de tou·te·s contre la précarité !

Après des mois de mobilisation, le gouvernement ignore non seulement nos revendications, mais semble aussi vouloir s’en moquer. Les derniers décrets et arrêtés concernant le parcours de la thèse, le statut des doctorant·e·s et leur rémunération, passés à la sauvette pendant l’été, sont autant de nouveaux coups à l’avenir de la recherche et au souci d’un enseignement de qualité. En aggravant une situation déjà très précaire, le ministère fait preuve d’une inconscience dommageable et d’un mépris pour les jeunes chercheur·e·s et personnels BIATOSS, dont les revendications sont aussi précises que réalisables. BIATOSS, enseignant·e·s-chercheur·e·s, chercheur·e·s ou étudiant·e·s contractuel·le·s, ce système de précarité nous touche tou·te·s et met en danger nos conditions de travail et de vie.
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Contre-réforme du statut des doctorant·e·s : un nouveau recul pour les précaires, une nouvelle avancée vers l’Université marchande

À la suite de l’arrêté du 25 mai dernier sur la réforme du doctorat, adopté malgré l’opposition des instances paritaires compétentes (CNESER notamment), le gouvernement a publié le 29 août dernier un décret sur le statut des doctorant·e·s contractuel·le·s et un arrêté sur leur rémunération. Ces deux textes viennent accentuer la fragmentation des statuts, la négation des droits sociaux des doctorant·e·s et l’opacité de l’octroi des financements et de leur durée, qui variera de 3 à 6 ans selon le bon vouloir des président·e·s d’Université.
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Vidéo de l’action à la ComUe « Lille Nord de France » du 9 mai 2016

Le 9 mai 2016, le collectif des travailleur·e·s précaires de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche de Lille, aidé d’étudiant·e·s et d’interluttant·e·s, sabote le conseil d’administration de la Communauté d’Universités et d’Etablissements « Lille Nord de France », contre la généralisation de la précarité prévue par la Loi Travail ; contre la prétention de la ComUe à gérer les universités toujours plus dégradées par l’austérité et les dernières années de réformes néo-libérales ; et pour revendiquer des conditions de travail dignes et de nouveaux droits pour les doctorant·e·s, docteur·e·s sans postes, vacataires, stagiaires, travailleur·se·s précaires des différentes Universités.
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