Lettre à la Présidence de l’Université Paris I

Il y a un an, notre collectif a présenté des candidat·es aux élections des Conseils centraux de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Ces candidatures s’inscrivaient dans le cadre d’un mouvement unitaire des doctorant·es d’UFR diverses et de tout statut : non-financé·es, vacataires, contractuel·es, ATER. Par cette démarche, les doctorant·es souhaitaient porter la voix des trois mille personnes qui, bien souvent oublié·es, participent quotidiennement à la production scientifique, aux enseignements et au bon fonctionnement administratif de l’Université. Nos bons résultats à ces élections nous ont permis de siéger dans tous les Conseils centraux. Conscient·es de ses limites, nous avions choisi de jouer le jeu institutionnel en parallèle d’autres types de mobilisation. Un an plus tard, le bilan de cette activité est plus désastreux que nous aurions pu l’imaginer.

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Suppressions et déclassements lors de la campagne de recrutement au CNRS de 2017

Cette année, le jury d’admission de l’INSHS a procédé à plusieurs déclassements, reclassements voire suppressions de postes dans les sections 32, 35, 36 et 39 du CNRS. Sont passés sur des listes mails professionnelles des messages s’indignant, à juste titre, de la remise en cause du travail du jury d’admissibilité. Ces pratiques s’inscrivent dans une casse des procédures de recrutement des concours de la fonction publique dont ceux de l’enseignement supérieur et la recherche (ESR) ne sont pas les seuls à faire les frais. Par leurs justifications, ces déclassements expriment une fois de plus un développement nocif vers l’ « excellence » qui participe au retrait de l’égalitarisme dans l’ESR. Enfin, toute l’affaire relève surtout d’un problème cardinal : le manque de postes.
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L’abus de Google à l’École peut nuire gravement à notre société…

Le 12 mai 2017, le directeur du numérique pour l’éducation au ministère de l’Éducation nationale, Mathieu Jeandron, a autorisé les établissements scolaires à utiliser des outils et services des géants du Net. Si cette autorisation ne concerne pas directement l’Enseignement Supérieur et la Recherche, nous ne pouvons que constater que les Universités suivent une évolution similaire, aux conséquences tout aussi délétères. Ainsi, le collectif des travailleur·e·s précaires de l’ESR s’est joint aux associations et collectifs signataires du commiqué publié le 1 juin et reproduit ci-dessous :

L’éducation est un terrain de jeu mondial fructueux pour les grands groupes du numérique nommés les GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft) et d’autres en quête de nouveaux marchés à conquérir. Cette transformation des systèmes éducatifs touche tous les pays du monde. Face a ce phénomène, la fonction de l’État devrait être de réguler les services éducatifs, de s’assurer que ces nouveaux supports et usages numériques bénéficient à l’intérêt public, aux services des élèves des professeur·e·s et des acteurs socio-éducatifs. Ce faisant, les usages du numérique devraient s’inscrire dans une politique publique en tant que bien commun.
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Avoir un doctorat, mais pas d’emploi !

(Cette tribune a été également publiée sur Le Monde le jeudi 18 mai 2017)

« Si vous vouliez trouver du travail, c’est un BTS qu’il fallait faire, pas une thèse ». Cette phrase a été adressée à l’un d’entre nous par sa conseillère Pôle emploi : elle figure parmi les témoignages collectés sur le site Doc en Stock afin de rendre visible la précarité subie par des milliers de titulaires d’un doctorat privés d’emploi stable.

Selon le Centre d’études et de recherches sur les qualifications (CEREQ), le taux de chômage des docteur·e·s avoisine aujourd’hui 10 %. C’est trois fois plus qu’en Allemagne, en Angleterre ou aux États-Unis, qui forment pourtant davantage de docteur·e·s que la France. Nous souffrons surtout de l’incertitude liée à notre situation : une récente note d’information ministérielle souligne que moins d’un·e docteur·e sur deux dispose d’un poste fixe dans les cinq ans suivant sa soutenance de thèse.
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Mensualisation des vacataires : un appel au bon sens comme seule action du quinquennat

Le 25 avril, à quelques jours de la fin de son mandat, le gouvernement a publié une circulaire concernant les délais de paiement des vacataires de l’enseignement supérieur. Ce document suggère aux président·e·s d’Universités la mise en place de nouvelles règles pour la rentrée 2017-2018 et l’objectif « [d’]un rythme de versement mensuel » « dans le cas de vacations effectuées de façon régulière ». Il invite également à la transmission et à la signature des contrats de travail par les travailleur·se·s avant leur prise de fonction.

Si cette publication semble répondre à certaines des revendications exprimées lors des nombreuses mobilisations des collectifs en lutte au sein des Universités, il est en réalité difficile d’y voir autre chose qu’une reconnaissance symbolique et a minima. Ce document n’était pas contraignant – juridiquement, il n’a ni plus ni moins de valeur qu’une « note de service » – les administrations des Universités pourront décider de tout simplement ignorer ce rappel à l’ordre, et surtout au droit. Sa formulation même (« L’objectif que nous pouvons nous fixer est d’atteindre… ») laisse transparaître l’absence de volonté du gouvernement de réellement lutter contre ces pratiques. Ainsi, après des années d’inaction lorsqu’il était en capacité d’agir, le ministère se contente ici de rappeler aux président·e·s d’Université le bon sens et le droit les plus élémentaires, d’une manière qui pourra être défaite aussitôt le nouveau gouvernement nommé.
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Mensualisation à Lille 2, une victoire en appelle d’autres

Après 9 mois de lutte, plusieurs blocages des conseils de la COMUE, des actions de sensibilisation envers les étudiant·e·s et les personnels de l’université de Lille et plusieurs rencontres avec les président·e·s d’Université et responsables des ressources humaines, Lille 2 et Lille 1 ont décidé de mensualiser le paiement des vacations. À Lille 2, les composantes ont demandé cette semaine aux vacataires de déclarer leurs heures afin de les payer, à Lille 1 la direction entre dans le même processus. C’est une petite victoire pour le collectif des précaires qui se bat depuis mai dernier pour porter – entre autre – cette revendication simple : les travailleur·se·s de l’Université doivent être payé·e·s tous les mois pour le travail effectué.
Tout n’est pas gagné pour autant : les délais incompréhensibles de traitement des dossiers obligent à ne payer les heures travaillées qu’avec un délai de deux mois. C’est mieux que la situation initiale (les vacataires déclaraient leurs heures à la fin du semestre, en mai, pour être payé·e·s – au mieux – en juillet), mais c’est toujours trop long. De nombreux·ses vacataires ne pourront pas profiter de cette mesure immédiatement, parce qu’en février, six semaines après le début des cours, leurs dossiers n’ont toujours pas été validés par l’administration et qu’ils et elles n’ont toujours pas signé de contrat. La mensualisation risque de ne bénéficier qu’à quelques personnes.
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Mobilisation et revendications du Comité local des Travailleurs Précaires du CNAM

Synthèse des problématiques et des démarches.

Suite à la confrontation de plusieurs doctorant·e·s contractuel·le·s du CNAM à des délais de traitement de leurs indemnités chômage les privant de ressources, et à la non-rétroactivité du paiement des mois dus, nous avons entamé cet été une mobilisation qui s’est rapidement trouvée en affinités avec les démarches et revendications du collectif national des Travailleurs Précaires de l’ESR telles que nous les a notamment exposées un représentant du collectif convié au CNAM.
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La parité à l’université : quelques clés de lecture

Note du Collectif de Paris IV, à partir du rapport d’information de l’Assemblée nationale du 24 avril 2013, consultable ici.

(In)égalités

i1007-2

Les hommes et les femmes bénéficient formellement des mêmes droits mais on continue à observer d’importantes inégalités, qui touchent tous les métiers (chercheurs/chercheuses mais aussi personnels de bibliothèques, administratifs, etc). Seulement 27 % des chercheurs sont des chercheuses, ce qui est mieux que l’Allemagne (23 %) mais très inférieur à l’Italie, l’Espagne, le Portugal (respectivement 33 %, 37 % et 40 %).

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Communiqué des doctorant·e·s Mobilisé·e·s à l’adresse des instances de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Nous vous signalons qu’à ce jour le traitement du mois de décembre des ATER leur a été incomplètement versé. Pour les ATER à mi-temps d’enseignement il leur reste dû entre 150 et 200 euros ; et pour les ATER à temps plein d’enseignement entre 350 et 400 euros. L’Université ne leur a pas non plus versé la moitié de la prime annuelle d’enseignement et de recherche, pourtant versée avec le traitement de décembre. Pour les premiers cela représente 270 euros euros et pour les seconds 539,75 euros.
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BibCNRS : les docteur.e.s sans postes sans accès aux revues ?

Au cours des dernières semaines, sans avertissement, les différents portails d’accès aux publications scientifiques ont été remplacés par un nouveau portail intitulé BibCNRS, où l’accès y devient individualisé. Cela exclut de fait les sans-postes, avec des conséquences évidentes quant à leur capacité à poursuivre des recherches.
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