En finir avec la précarité dans l’Enseignement Supérieur et la Recherche

Pétition adressée au Ministère de l’Éducation Nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (ESR), par le Collectif des travailleur·e·s précaires de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche.

Mise à jour — La pétition et les signatures ont été remises à Thierry Mandon, Ministre de l’Éducation Nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (ESR) et aux membres de son cabinet au cours du mois de décembre 2016. Merci à tou·te·s pour votre aide !

Depuis plusieurs mois, en lien avec le mouvement social contre la loi « Travail », les travailleur·e·s précaires de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (ESR) se mobilisent, se fédérant désormais nationalement après des années de luttes locales, pour conquérir de nouveaux droits et faire respecter ceux existants.

33% des personnels de l’ESR sont des agent·e·s précaires (40,9% chez les personnels de bibliothèque, technicien·ne·s, ouvrier·e·s, social, santé – BIATOSS) et les contractuel·le·s représentent plus de 30% des enseignant·e·s (un chiffre sous-évalué puisqu’il ne prend pas en compte les chargés d’enseignement vacataires). Tandis que 7150 emplois titulaires ont disparu depuis 2009, le nombre de contractuel·le·s augmentait de 16 600. Ce constat alarmant est le symptôme d’une précarité qui fait office de système de gestion de l’ESR, qui invisibilise les précaires et affaiblit les protections sociales de l’ensemble des agent·e·s, titulaires ou non, en les mettant en concurrence. Ce système met en danger la recherche et la qualité des enseignements dispensés. Dernier exemple, le ministère a décidé pendant l’été de diminuer de 574€/an le salaire des doctorant·e·s contractuel·le·s enseignant·e·s (arrêté du 29 août 2016), ce qui viendra aggraver et généraliser une situation salariale désolante qui touche déjà fortement les BIATTS (25% d’entre eux et elles touchent moins de 1250€/mois) et les femmes (20% d’entre elles gagnent moins de 1000€/mois contre 10% des hommes). Pendant ce temps, les ouvertures de postes, toutes catégories confondues, ne correspondent toujours pas aux besoins de l’ESR et à la hausse du nombre d’étudiant·e·s.

Nous, personnels titulaires et non-titulaires de l’ESR, enseignant·e·s-chercheur·e·s, chercheur·e·s, BIATSS, étudiant·e·s, simples soutiens, organisations scientifiques et syndicales, soutenons le Collectif des travailleur·e·s précaires de l’ESR. Nous exigeons du Ministère de l’Éducation Nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, la mise en place immédiate des mesures suivantes. Ces mesures, dont la simplicité met en lumière l’aberration de la situation actuelle, doivent faire l’objet de mesures ministérielles contraignantes et de financements suffisants. Elles devront être mises en place en lien avec les premier·e·s concerné·e·s, le Collectif des travailleur·e·s précaires de l’ESR et les organisations syndicales de l’ESR :

  • Titularisation des tou·te·s les contractuel·le·s et vacataires de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche travaillant sur des fonctions pérennes !
  • Création massive et financement public de contrats doctoraux et de postes de titulaires à l’Université et dans la Recherche pour l’ensemble des corps de métiers (enseignant·e·s et/ou chercheur·e·s, bibliothécaires, personnels administratifs, techniques et sanitaires…), notamment par la réaffectation de l’argent du Crédit Impôt Recherche !
  • Audit public sur l’état de la précarité dans les Universités et les organismes de recherche, et recensement dans les bilans sociaux des établissements du nombre et du poids des contractuel·le·s, des vacataires et des sous-traitant·e·s !
  • Mensualisation du paiement des vacataires et des contractuel·le·s, et respect du droit du travail (comme l’obligation de signature d’un contrat de travail avant la prise de fonction, et de remise de fiches de paie mensuelles) !
  • Fin du travail gratuit et rémunération de toutes les activités invisibles effectuées par les non-titulaires : surveillances d’examens et correction de copies, heures supplémentaires non payées, vacations et activités de recherche non rémunérées, recours abusif aux stages, etc.
  • L’accès au doctorat doit être un droit pour tout·e·s : les doctorant·e·s doivent être rémunéré·e·s décemment pour réaliser leur travail de production de connaissances, sans limitation a priori de la durée des thèses et avec exonération des frais d’inscription !
  • Transparence dans l’attribution des financements de thèse, des postes d’ATER et des contrats post-doctoraux, et dans les procédures de qualification et de recrutement des enseignant·e·s-chercheur·e·s : publication des rapports des comités de sélection et motivation individualisée des refus !
  • Allongement de la durée de rattachement des nouvelles/aux docteur·e·s à leur laboratoire, avec accès aux locaux et aux financements au même titre que les titulaires !
  • Abrogation des critères de nationalité dans l’accès aux postes et financements, et attribution d’un titre de séjour de « travailleur·e » aux doctorant·e·s et docteur·e·s étranger·e·s, afin qu’ils et elles puissent bénéficier des allocations-chômage dues à l’issue de leur contrat de travail !
  • Lutte contre les discriminations systémiques à l’Université et dans la Recherche qui s’appuient sur et qui renforcent les situations de précarité !

Votre adresse email est nécessaire pour la confirmation de votre signature : n’oubliez pas de cliquer sur le lien que nous allons vous envoyer ! Elle ne sera ni utilisée à d’autres fins, ni transmise à qui que ce soit. Pour être informé·e de l’actualité du collectif et participer à ses actions, n’hésitez pas à visiter la page Agir ensemble !


En finir avec la précarité dans l’ESR

Cette pétition n'accepte plus de nouvelle signature.

Date de fin: Dec 22, 2016

Signatures récoltées: 2012

2,012 signatures

Liste des signatures
2,012Ilan M.Enseignant, université Paris 821 Déc
2,011Nathalie F.Sciences Po, Docteur19 Déc
2,010Frédéric M.BIATOSS Contractuel B - Université Rouen - SHS18 Déc
2,009Bruno V.Ingénieur d'études CNRS titulaire fonction publique16 Déc
2,008Karin F.PU Université d'Orléans13 Déc
2,007Marie H.Professeur, Aix-Marseille Université 13 Déc
2,006Anaëlle L.Contractuel université de Montpellier 13 Déc
2,005Ariane Z.Docteur EHESS12 Déc
2,004Sarah B.Doctorante EHESS12 Déc
2,003Laurent D.MCF histoire contemporaine UPPA12 Déc
2,002Anne-Lise H.Professeurs retraitée Univerwsité de Genève12 Déc
2,001maeva s.toulouse12 Déc
2,000Carole T.12 Déc
1,999Margaux L.Doctorante - Paris12 Déc
1,998Florence J.enseignant-chercheur contractuel à temps partiel, chercheur contractuel à temps partiel12 Déc
1,997Pierre G.Docteur Université Rennes 212 Déc
1,996Karim K.étudiant - aix - marseille12 Déc
1,995Christine d.Professeur émérite Université François-Rabelais, Tours12 Déc
1,994Natalie R.Strasbourg12 Déc
1,993Valérie P.directrice de recherche (CNRS-Thalim)12 Déc
1,992Nidaa A.Professeur à l'Université Antonine (Liban)12 Déc
1,991Olivier C.Docteur - enseignant contractuel - Université de Caen Normandie11 Déc
1,990Valentine G.Besancon11 Déc
1,989Jean-Marc W.Docteur11 Déc
1,988Julien M.Etudiant contractuel à la BU de Paris 811 Déc
1,987Elise J.MCF Lille11 Déc
1,986Zoe M.Doctorante 10 Déc
1,985Ludovic F.mcf Toulouse Jean Jaurès10 Déc
1,984Vincent B.CNRS, Musée de l'Homme09 Déc
1,983Nicolas P.MCF, Université Bordeaux Montaigne09 Déc