Préparer la rentrée 2016

Motion « Préparer la rentrée universitaire 2016 »

Version finale adoptée lors des Rencontres Nationales des 28 et 29 mai 2016

Constitué dans le cadre du mouvement social contre la Loi Travail, le Collectif des Travailleur·e·s Précaires de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche compte inscrire son combat contre la précarité dans la durée. La prochaine rentrée universitaire sera de ce point de vue un moment crucial pour la consolidation du Collectif, ainsi que pour l’intensification et la visibilité de notre lutte. Dans ce cadre, plusieurs opportunités et modes d’action s’offrent à nous. Cette liste n’est pas exhaustive mais constitue une tentative de recensement des possibilités d’action. Chaque collectif local, selon ses réalités, décide ensuite des actions possibles et pertinentes à mettre en place et fait remonter des bilans aux autres collectifs afin de favoriser le partage d’expériences.

  1. Tracter et afficher (de manière sauvage ou non) les supports d’information lors des journées de rentrée des étudiant·e·s ;
  2. Proposer dans chaque laboratoire et chaque département, service, UFR le vote d’une motion de soutien en faveur du Collectif ;
  3. Effectuer dans chaque laboratoire et chaque département un recensement de la part que représentent les non-titulaires dans les équipes, et la part des cours qu’illes assurent (notamment en licence). Ce travail de recensement est d’une importance capitale car il servira de base à de nombreuses initiatives futures du Collectif : attribution d’un diplôme de « précarisateur », actions symboliques mettant en dérision le système universitaire, choix par la commission juridique d’une ou plusieurs universités à attaquer au tribunal administratif, débats publics, inscrire nos revendications sur les registres CHSCT, etc.
  4. À partir de ce recensement, demander à ce que chaque enseignant·e, titulaire comme non-titulaire, fasse avec les étudiant·e·s, au début de chaque premier cours de l’année, un point d’information sur la précarité à l’Université et dans son département, et sur la différence entre titulaires et non-titulaires, la situation des BIATOS…
  5. S’organiser pour aller vers chaque sous-catégorie de précaires, en articulant les revendications spécifiques et générales, pour informer nos collègues. Une section du wiki sera mise en place pour mettre en commun le matériel d’information.
  6. Contacter les syndicats alliés afin de faire adopter nos revendications par le Comité Technique de l’Université (l’équivalent du conseil des délégué·e·s du personnel, qui existe dans chque établissement), le Conseil Scientifique, CA et/ou le CFVU.
  7. Nous mettons en place une identité visuelle commune au niveau national, sur nos tracts, affiches, outils internet, stickers « cet événement n’aurait pas eu lieu sans les travailleur·e·s précaires de l’ESR » afin de nous visibiliser.
  8. Discuter localement, dès le début de l’année, en AG ou en collectif, de la possibilité de mettre en œuvre des modalités d’actions et/ou de grève à mettre en place dans le courant du semestre (par exemple : rétentions de notes, grèves des frais d’inscription, actions de rue, actions régulières et mensuelles, grève des cours, grève des activités administratives ou d’autres à imaginer etc.).
  9. Afin de coordonner nos actions et nous assurer une plus grande visibilité, auprès de la société et du ministère, nous mettons en place, partout en France, autant que possible, l’agenda de mobilisation suivant :
    • Juin : prises de contacts avec les laboratoires, ED, départements etc. ainsi que les intersyndicales locales et nationales, continuer la collecte financière et la collecte des motions de soutiens. L’objectif est de commencer à informer et construire une coalition autour de nos revendications, de la marchandisation de l’ESR et de la baisse des budgets. Parution d’une tribune dans la presse nationale.
    • Septembre/octobre : lancement d’une grande campagne d’information à destination de nos collègues et des étudiant·e·s, par voie de tractages, affichages, actions de visibilité, réunions publiques ou journées d’études militantes, internet… Revoir les intersyndicales locales et nationales et continuer les collectes financières. Mise en place d’une pétition nationale, en ligne et sur papier, non contradictoire avec l’ajout de revendications locales.
    • fin-septembre : les commissions animation nationale et action feront le point avec les collectifs locaux sur les situations locales.
    • Octobre/novembre : mise en place d’actions de rassemblement en direction des présidences d’université, COMUE, institutions, filiales d’université etc.
    • mi/fin- octobre : nouvelle Rencontre Nationale, hors Paris, pour faire le point sur la mobilisation et décider d’actions à venir, localement ou en direction du ministère.
    • nous appelons à une semaine d’action nationale, selon des modalités à définir localement, partout en France, du 10 au 15 octobre. Le vendredi, nous décernons un diplôme de précarisateur à nos président·e·s d’université, de COMUE ou autre. En IDF, nous organisons une action de type national.
  10. Afin de mener cette campagne en coalition avec d’autres acteurs de l’ESR, nous participons à l’intersyndicale nationale de l’ESR, pour commencer à agir ensemble après avoir fait connaissance. Nous leur proposons, en respectant le travail réalisé par chacun·e, selon ses modalités, à partir de sa composition sociale, d’analyser et d’agir ensemble pour : agir en solidarité et appuyer les revendications catégorielles de chacun·e·s (étudiant·e·s, BIATS, EC/C…) et quel que soit nos statuts (titulaire/non titulaire) ; remettre en cause la marchandisation actuelle du savoir et de l’ESR en particulier, permise notamment par les lois LMD, LRU et les mesures qui les ont suivies, ainsi que les gestions managériales du personnel, de la production scientifique et des enseignements par de nombreuses universités ; plus précisément, organiser le lancement à la rentrée de septembre d’une campagne commune contre la précarité dans l’ESR, les réductions budgétaires annoncées récemment et les mesures dites de « simplification » annoncées par Thierry Mandon, renforçant la logique précarisatrice de financements par projet et la soumission de l’ESR aux besoins des grandes entreprises privées ; agir ensemble dans le cadre du mouvement sur la loi « Travail », selon des modalités à définir ensemble.
  11. Nous actons le principe de solidarité avec les mouvements en cours et notre participation aux actions dans lesquelles nous sommes appelés à s’inscrire, tel que celles proposées par la BNF, la BULAC, la BGM, les doctorant·e·s d’Evry, de Paris 1, etc. Nous nous mobilisons pleinement contre la loi Travail et la répression administrative, judiciaire et policière en cours.
  12. La commission action, en lien avec la commission animation nationale, est mandatée pour la mise en place de cette motion, la coordination de la campagne de rentrée, faire le suivi des collectifs, de leurs expériences et leurs difficultés. La commission outils assurera la gestion de la pétition en ligne.

 

Retrait de la loi Travail, mort à la précarité, soyons là où on ne nous attend pas !